Pakistan : témoignages des lignes de front

15-02-2010 Interview

Au Pakistan, dans la province de la Frontière du Nord-Ouest et les zones tribales sous administration fédérale, gravement touchées par le conflit, la radio est la source d’informations et de divertissement la plus appréciée. Voici les histoires de personnes durement touchées par la violence dans ces régions, qui racontent comment le CICR est intervenu pour leur venir en aide. Ces histoires ont été largement diffusées à la radio pakistanaise en novembre et décembre 2009.

Rétablissement des liens familiaux

     

    ©CICR/Saeeda Syed/er-n-00020-29      
   
    Asmat à la délégation du CICR à Peshawar.      
          Rétablissement des liens familiaux  

  Asmat (vallée de Swat)  

  L’histoire d’un adolescent handicapé séparé de ses parents durant le conflit de la vallée de Swat, et que le CICR a réuni avec sa famille.  

Je m’appelle Asmat, j’ai 17 ans et je viens de la région de Dangram, dans la vallée de Swat. Lorsque les combats ont commencé et que la situation s’est dégradée dans notre région, nous avons fui vers des zones plus sûres. Comme je ne pouvais pas marcher à cause de mon handicap, mon cousin m’a aidé à m’asseoir dans un camion destiné au transport d’animaux et m’a dit que ma famille suivrait à pied. Une fois arrivé à un certain endroit, j’ai attendu longtemps mes proches, mais ils ne sont jamais venus. J’ai alors repris mon voyage et je suis arrivé en camion dans le camp pour personnes déplacées de Jalozai ; à un poste d’enregistrement, du personnel m’a présenté aux représentants du CICR. Je leur ai expliqué que la seule chose que je savais, c’était que mon frère travaillait comme chauffeur entre Mingora et Rawalpindi. L’équipe du CICR dans le camp a appelé plusieurs stations de bus et a réussi à localiser mon frère. Ma famille et moi sommes très reconnaissants au CICR de nous avoir réunis.

 

    Ecouter l'interview d'Asmat en PashtoMP3 download, 1.1 Mb, durée 1 min 11 sec  

Mandat du CICR

  Mandat du CICR  

  Rahim Ullah Yousafzai (journaliste réputé à Peshawar, travaillant pour le News International)  

  Le message de M. Rahim Ullah Yousafzai, journaliste au News International, expliquant le mandat et les principes de travail du CICR.  

Je m’appelle Rahim Ullah Yousafzai. Je suis journaliste au News International, dont je dirige le bureau de Peshawar. Je suis également représentant de la BBC. En tant que journaliste, cela fait longtemps que je me tiens au courant des activités du CICR. Cette institution est très utile à l’humanité, en particulier parce dans les régions touchées par la guerre, elle apporte aide et assistance aux personnes concernées, et qu’elle ne prend parti pour personne, qu’il s’agisse du gouvernement, de l’armée ou d’une autre partie. Le CICR fournit également des services médicaux aux personnes blessées par les combats. Pour cela, il possède aussi un hôpital de campagne à Peshawar. Le CICR travaille actuellement dans près de 80 pays. C'est une institution indépendante et neutre, et nous devons soutenir son travail humanitaire.

 

    Ecouter l'interview de M Yousafzai en PashtoMP3 download, 1.14 Mb, durée 1 min 15 sec  

Visites de détention – Bagram

  Visites de détention  

     

  Ghairat Bahir (ancien détenu à Bagram, Afghanistan)  

  L’histoire d’un ancien détenu de la prison de Bagram, en Afghanistan.  

Je m’appelle Ghairat Bahir. Je suis un ancien diplomate afghan au Pakistan. J’ai passé six ans de ma vie dans une des prisons administrées par les États-Unis. J’ai été libéré il y a 18 mois. Durant ma détention, j’ai constaté que grâce aux efforts du CICR, les Américains étaient obligés d’accorder la liberté religieuse aux prisonniers du centre dans lequel j'étais détenu. Ils (les Américains) nous fournissaient des Corans. Pendant mes deux premières années en prison, je n’avais aucun contact avec ma famille. Cependant, grâce aux efforts sincères du CICR, j’ai pu envoyer une lettre à ma famille depuis la prison.

 

    Ecouter l'interview de Dr Baheer en PashtoMP3 download, 1.45 Mb, durée 1 min 35 sec  

Assistance aux personnes déplacées

     

    ©CICR/Philippe Fichard      
   
    Camp pour personnes déplacées de Jalozai, division de Malakand, Pakistan. Ihsan Ullah avec ses deux fils.        
          Assistance aux personnes déplacées  

  Ihsan Ullah (Bajaur)  

     

  L’histoire d’une famille vivant dans un camp pour personnes déplacées, et qui a reçu l’assistance du CICR.  

Je m’appelle Ihsan Ullah, je viens de l’Agence de Baj aur. Lorsque les combats ont commencé dans l’Agence de Bajaur, nous avons quitté notre maison et nos moyens d'existence. Nous avons marché des kilomètres à travers les régions montagneuses, car les routes étaient fermées, et nous avons fini par arriver à Jahangira. J’y ai loué une maison, mais au bout de cinq mois, je n’arrivais plus à couvrir les frais. Le CICR a ouvert un camp à Shah Mansoor, j’y ai enregistré ma famille. Là-bas, le personnel du CICR nous a fourni des tentes, de la nourriture, de l’eau, d’autres articles essentiels et des services médicaux. Nous sommes reconnaissants au CICR de son aide pendant cette période difficile ; il faut qu’il poursuive ses activités.

 

    Ecouter l'interview de Ihsan en PashtoMP3 download, 1.0 Mb, durée 1 min 9 sec  

Coopération avec le Croissant-Rouge du Pakistan

  Coopération avec le Croissant-Rouge du Pakistan  

     

  Sher Muhammad Khan (président du Croissant-Rouge du Pakistan, section de la province de la Frontière du Nord-Ouest)  

     

  Le message de M. Sher Muhammad, président du Croissant-Rouge du Pakistan, section de la province de la Frontière du Nord-Ouest, au sujet de la coopération entre sa Société nationale et le CICR.  

Je m’appelle Sher Muhammad Khan. Je suis le président du Croissant-Rouge du Pakistan, une institution de volontaires. Je souhaite vous parler aujourd’hui du CICR. Il nous a toujours aidés dans les situations difficiles. Il nous a toujours apporté des vivres et des médicaments, et il nous a aidés aussi dans les camps. Le CICR et le Croissant-Rouge du Pakistan ne sont pas des ONG. L'un et l'autre accomplissent leur devoir au service de l’humanité et remplissent leurs obligations de manière neutre, sans favoriser de groupe en particulier.

 

    Ecouter l'interview de Dr Khan en PashtoMP3 download, 1.1 Mb, durée 1 min 6 sec  

Visites de détention – la guerre de 1971 entre l’Inde et le Pakistan

     

    ©CICR      
   
    De gauche à droite : Philippe Fichard (CICR Peshawar), Noman (productrice radio, université de Peshawar), Mohummad Akram Khan, Saaeda Syed (CICR Peshawar)      
          Visites de détention  

  Mohummad Akram Khan (ancien militaire de l’armée pakistanaise et ex-prisonnier en Inde)  

     

  L’histoire d’un ancien soldat pakistanais prisonnier en Inde pendant la guerre de 1971.  

       

Je m’appelle Mohummad Akram Khan, j’ai participé à la guerre de 1971 entre l’Inde et le Pakistan en tant que major dans l’armée pakistanaise. J’ai été blessé au combat. J’ai été admis à l’hôpital de campagne de Tiripura, où j’ai été soigné pendant un mois. Quand mon état de santé s’est amélioré, l’armée indienne m’a transféré par avion à Gohati, dans l’État d’Assam. Alors que j'étais en Assam depuis deux mois, un représentant du CICR est venu me demander si j’étais en contact avec ma famille. Quand je lui a dit que je n’avais aucun contact avec elle, il m’a dit : « Si vous écrivez une lettre, je la transmettrai à votre famille. ». J’ai répondu que je ne savais pas écrire, alors il a écrit lui-même la lettre pour moi et, dans le mois qui a suivi, l’a fait parvenir à ma famille au Pakistan. Ainsi, mes proches ont enfin appris que j’étais vivant. C’est comme cela que le CICR m’a aidé.

 

    Ecouter l'interview de Mohummad en PashtoMP3 download, 1.3 Mb, durée 1 min 27 sec  

Assistance orthopédique

     

    ©CICR/Saeeda Syed/pk-e-00928      
   
    Mohammad Salah Ud Din est interviewé à la délégation du CICR de Peshawar.      
          Assistance orthopédique – centre orthopédique PIPOS, Peshawar   

  Mohammad Salah Ud Din (Bajaur)  

     

  L’histoire d’un jeune homme amputé après avoir marché sur une mine, et qui a reçu une jambe artificielle et bénéficié de séances de réadaptation à l’Institut pakistanais de formation d’orthoprothésistes (Pakistan Institute of Prosthetic and Orthotic Sciences – PIPOS) de Peshawar.  

     

Je m’appelle Mohammad Salah Ud Din. Je viens de l’Agence de Bajaur. J’ai été blessé par l’explosion d’une bombe sur le chemin de l’école et j’ai perdu une jambe. J’ai été admis à l’hôpital de district de Khar. Les médecins ont recommandé que j'aille au centre PIPOS, à Peshawar, où sont fabriqués des membres artificiels. Au centre PIPOS, les spécialistes du CICR m’ont fourni une jambe artificielle, qui m’aide beaucoup et grâce à laquelle je peux à présent marcher, et même aller à l’école à pied. Je suis reconnaissant au CICR.

 

    Ecouter l'interview de Mohammad en PashtoMP3 download, 1.0 Mb, durée 1 min 5 sec  

Assistance médicale

     

    ©CICR/Philippe Fichard      
   
    Peshawar. Akhtar Zaman à l’hôpital chirurgical du CICR pour les blessés par armes.        
          Assistance médicale – hôpital chirurgical du CICR pour les blessés par armes  

  Akhtar Zaman (vallée de Swat)  

     

  L’histoire d’un homme blessé au cours d'un attentat-suicide et soigné dans l’hôpital du CICR à Peshawar.  

Je m’appelle Akhtar Zaman, j’habite dans la vallée de Swat. Il y a un mois, je sortais de chez moi pour aller acheter des provisions au marché quand une bombe a explosé tout près de moi et m’a blessé. J'ai eu les deux jambes cassées et de nombreuses autres blessures. Ma famille m’a d’abord emmené à l’hôpital central de Swat, mais un de mes proches a conseillé à mes parents de me faire admettre à l’hôpital chirurgical du CICR pour les blessés par armes, à Peshawar. Mes parents m’ont donc amené ici. Après un mois de soins, je me rétablis progressivement, et toutes mes brûlures et mes plaies avec des points de suture guérissent bien. J’espère que bientôt, Inch'Allah, je pourrai reprendre une vie normale avec le reste de ma famille et mes enfants, et que je pourrai aussi recommencer à travailler.

 

    Ecouter l'interview d'Akhter en PashtoMP3 download, 1.2 Mb, durée 1 min 19 sec  

Rétablissement des liens familiaux et appels téléphoniques aux détenus

     

    ©CICR/Saeeda Syed      
   
    Misal Khan est interviewé à la délégation du CICR de Peshawar.        
          Rétablissement des liens familiaux et appels téléphoniques aux détenus  

  Misal Khan (Afghanistan, actuellement à Mardan, au Pakistan)  

     

  L’histoire d’un homme qui a pu reprendre contact avec son père, détenu dans la prison de Bagram, au moyen d’un message Croix-Rouge, et qui est maintenant en contact régulier avec lui grâce au service téléphonique du CICR.  

Je m’appelle Misal Khan, je viens d’Afghanistan et je vis actuellement à Mardan. Il y a quatre ans, notre père a disparu et nous n’avions aucune idée de l’endroit où il se trouvait. Un jour, un représentant du CICR est venu à la maison avec une lettre de mon père écrite depuis Bagram, dans laquelle il disait qu’il était vivant et en bonne santé. Nous lui avons répondu et, grâce aux efforts du CICR, nous pouvons maintenant lui parler par téléphone tous les deux mois. Ma famille et moi-même sommes très heureux du service que nous met à disposition le CICR.

 

    Ecouter l'interview de Misal en PashtoMP3 download, 1.1 Mb, durée 1 min 11 sec  

Programme contre la contamination par les armes

     

    ©CICR/Philippe Fichard/pk-e-00931      
   
    Peshawar. Maqsood plaisante avec Katy, l’infirmière du CICR, à l’hôpital chirurgical du CICR pour les blessés par armes.        
          Programme contre la contamination par les armes    

  Maqsood Iqbal (Dir supérieur)  

     

  L’histoire d’un petit garçon qui a perdu une jambe en marchant sur une mine.  

Je m’appelle Maqsood Iqbal, je viens de la région de Wari, dans le district du Dir supérieur. Un soir, pendant le Ramadan, je suis sorti de chez moi pour rendre visite à un ami. Sur le chemin, un objet qui se trouvait par terre a explosé quand j’ai posé le pied dessus. Ma famille m’a emmené d’urgence à l’hôpital de Timergara, où des employés du CICR sont venus et m’ont transporté à l’hôpital du CICR. J'y suis depuis 20 jours et ma jambe a été amputée. Mon traitement continue et on s’occupe bien de moi. J’avais des blessures au visage et aux yeux, mais elles sont en train de guérir. Je voudrais donner un conseil à tous les enfants et tous les gens qui vivent dans les régions atteintes par la guerre : ne pas toucher les explosifs abandonnés.

 

    Ecouter l'interview de Maqsood en PashtoMP3 download, 1.06 Mb, durée 1 min 10 sec  

Sécurité économique

  Programme Ecosec (sécurité économique), distribution de semences et d’engrais  

  Ajmair (Buner)  

     

  L’histoire d’un agriculteur qui a perdu des récoltes et qui a reçu du CICR des semences et des engrais au cours d’une distribution à Buner.  

Je m’appelle Ajmair, je viens de la région de Gumbat, dans le district de Buner. Quand la situation s’est détériorée cette année à cause des combats dans notre région, nous sommes partis dans les camps pour personnes déplacées, où nous sommes restés entre deux mois et deux mois et demi. Durant cette période, le CICR nous a apporté de l’assistance dans le camp. Quand on a annoncé que les personnes déplacées pouvaient retourner chez elles, je suis aussi rentré chez moi, mais nos maisons étaient endommagées, les champs dévastés et les récoltes complètements détruites. Le CICR nous a de nouveau aidés en nous donnant des semences et des engrais pour nous permettre de faire pousser nos cultures et, Inch'Allah, de redevenir autonomes. Nous sommes contents du CICR.

 

    Ecouter l'interview d'Ajmair en PashtoMP3 download, 1.14 Mb, durée 1 min 15 sec  

Rubriques associées