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Otages au Pérou : intervention humanitaire du CICR

19-12-1996 Communiqué de presse 96/39

Genève (CICR) - Le chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Pérou, Michel Minnig, était parmi les invités de la réception organisée à la résidence de l'ambassadeur du Japon, lorsque celle-ci a été investie par des membres du Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA).

Le CICR a immédiatement offert ses services pour aider à résoudre les problèmes humanitaires découlant de cette crise. Son chef de délégation a ainsi pu obtenir, dans un premier temps, la libération d'environ 250 femmes et personnes âgées, ainsi que d'une cinquantaine d'hommes, dont le personnel de service. Par la suite, il a pu fournir du matériel médical, de la nourriture, de l'eau, ainsi que du matériel et des articles d'hygiène, et les apporter à l'intérieur de la résidence afin d'améliorer la situation des personnes qui s'y trouvent. Les représentants du CICR ont également établi une première liste des otages (environ 380 personnes) et collecté des messages destinés à leur familles, afin de les rassurer sur le sort de leurs proches. Dans le cadre de leur mission humanitaire, les délégués du CICR peuvent entrer et sortir librement de la résidence.

De plus, le CICR a été sollicité par le gouvernement péruvien et les membres du MRTA pour jouer un rôle d'intermédiaire neutre dans le cadre des négociations, afin de faciliter la résolution de la crise. À cette fin, le CICR a déjà remis aux autorités péruviennes un document écrit par les membres du groupe armé et signé par les otages. A l'heure actuelle, le CICR poursuit ses contacts d'un côté comme de l'autre. Il ne prend pas une part active aux négociations. Dans ce type de situation, le CIC R demande que les parties s'engagent fermement, durant toute la durée de son intervention, à ne pas recourir à la force, à ne prendre aucune mesure préjudiciable aux otages et à ne pas entraver la liberté de mouvement de ses délégués. Par ailleurs, le CICR n'assume aucune responsabilité quant aux propositions transmises, aux décisions prises et aux actes commis. L'institution ne peut en aucun cas se porter garante de l'exécution des décisions ou des conditions fixées par les parties.

Une cellule de crise a été constituée au siège du CICR à Genève. Elle suit de près l'évolution de la situation et maintient un contact permanent avec la délégation à Lima.

Le CICR est présent au Pérou, de façon constante, depuis 1984. Il y visite actuellementplus de 4 000 détenus de sécurité, y compris les membres du MRTA incarcérés, afin de s'assurer de leur traitement et de leurs conditions de détention. Il intervient également en faveur de la population civile affectée par le conflit.