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Albanie : trois femmes impatientes de lire les messages Croix-Rouge

08-03-2001 Communiqué de presse 01/09

Un silence religieux s'est installé dans la pièce principale d'une vieille ferme du nord de l'Albanie. Andye Kortoci, en tant qu'ancien du village, commence à faire la lecture des messages Croix-Rouge. Les pages tremblent entre ses mains rugueuses, mais personne n'y prête attention. Tout le monde écoute avec une extrême attention les mots qu'il prononce.

Pour l'une des femmes présentes, la lettre vient de son frère. Pour la seconde, il s'agit de son mari, et pour la troisième, de son fils. Les trois hommes avaient porté les armes pendant le conflit au Kosovo. Ils sont détenus en Serbie depuis bientôt deux ans.

Les trois détenus sont originaires du même village, Myhejan. Les familles souffrent de leur absence. Les travaux des champs, les soins au bétail et l'entretien de la ferme leurs incombaient. Maintenant, ces tâches sont effectuées, tant bien que mal, par l'ensemble de la communauté. Même les enfants doivent y participer.

La ville la plus proche est Bajram Curri, distante de quelque 50 kilomètres. Depuis la route principale, pour rejoindre Myhejan, il faut quitter la voiture et marcher une demi-heure ou plus, selon la saison.

Le représentant de la Croix-Rouge albanaise, Selim Musa, effectue ce parcours une fois tous les trois mois environ: dès qu'il reçoit, via Tirana, les messages Croix-Rouge en provenance de Serbie, il organise sa venue. À Myhejan, on le reconnaît de loin, car les visiteurs ne sont pas nombreux. Selim Musa est désormais le seul lien entre les détenus et leur famille en Albanie.