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Programmes de prévention contre les dangers des mines et des munitions non explosées pour les personnes déplacées et celles qui ont regagné leur lieu d'origine

26-08-2002

  Les programmes de prévention contre les dangers des mines et des munitions non explosées visent principalement à réduire le nombre des victimes en encourageant un changement de comportement   et proposant des solutions adaptées à chaque communauté.  

     

 
Le concept des programmes de prévention contre les dangers des mines et des munitions non explosées 
 

Malgré tous les efforts qui sont faits pour débarrasser le monde des mines antipersonnel et des munitions non explosées, ces engins restent une menace et infligent d’immenses souffrances aux populations civiles dans de nombreuses régions. L’approche du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est à la fois réparatrice (assistance médicale aux victimes de mines et réadaptation physique) et préventive (mise en œuvre du droit international humanitaire et de programmes de prévention contre les dangers des mines pour les civils dont la vie est menacée).

Le CICR, en collaboration étroite avec les Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a progressivement affiné sa stratégie de façon à mieux l’orienter vers les besoins spécifiques des populations à risque. Il peut ainsi accroître l’impact de ses programmes de prévention contre les dangers des mines et des munitions non explosées. Ces programmes reposent a ujourd’hui sur trois grands principes:

  1. Collecter des informations pertinentes sur les besoins locaux et les utiliser dans la mise au point d’une stratégie adéquate d’éducation aux risques liés aux mines et aux munitions non explosées;

  2. Associer les communautés des zones infestées par les mines au processus d’éducation;

  3. Coopérer étroitement avec d’autres organisations à la satisfaction des besoins des communautés, afin de réduire les risques auxquels celles-ci sont confrontées.

 
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Pourquoi essayons-nous d’atteindre les personnes déplacées et celles qui ont regagné leur lieu d’origine ? 
 

Les personnes qui sont restées dans leur village pendant un conflit au cours duquel des mines ont été posées et des munitions non explosées ont été abandonnées savent généralement quelles sont les zones dangereuses. En revanche, les personnes déplacées et les rapatriés n’ont pas conscience du danger et ignorent où il se trouve. Ils sont donc les principales victimes des accidents dus à l’ignorance, bien que des accidents frappent aussi des résidants qui se sont aventurés dans des zones dangereuses pour des raisons économiques ou pour reprendre le cours de leurs activités.

La plupart des victimes de mines ou de munitions non explosées sont des h ommes de 20 à 45 ans qui, au moment de l’accident, menaient des activités à l’extérieur (couper du bois, cultiver la terre, garder des animaux, voyager, etc.).

Le système de collecte de données en Bosnie-Herzégovine a révélé que, de 1996 à 2001, 48% en moyenne des victimes de mines et de munitions non explosées étaient des personnes déplacées et des rapatriés (28% de personnes déplacées et 20% de rapatriés). Il est intéressant de noter que le pourcentage de ces victimes a augmenté de manière notable de 1998 à 2001, une période pendant laquelle les gens ont regagné en masse leurs villages: en 1998, 2000 et 2001, environ 50% des victimes étaient des personnes déplacées ou des rapatriés, une proportion qui a atteint 65% en 1999.

De 1998 à 2001, les rapatriés et les personnes déplacées en Afghanistan n’ont représenté qu’une petite part du nombre total des victimes de mines et de munitions non explosées dans ce pays; avec les voyageurs et les Kuchis, ils constituent néanmoins près de 25% des victimes. Cela s’explique par le fait que les populations qui se déplacent ne savent généralement rien de la présence de mines dans les zones qu’elles traversent. Tandis que les équipes du CICR continuent de collecter des données et que les populations commencent à regagner leurs villages, l’avenir dira si cette proportion augmente ou pas.

Au Kosovo, de juin 1999 à juin 2000, la moitié des victimes de mines et de munitions non explosées ont été tuées ou blessées en juin et juillet 1999, alors qu’elles rentraient de Macédoine ou d’Albanie.

 
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La stratégie 
 

Une sensibilisation accrue aux dangers et la participation des autorités et de la population locales permettent de prévenir les accidents dus à l’ignorance. La mise en œuvre d’activités à base communautaire, dans lesquelles des volontaires locaux sont identifiés par la communauté et formés par le CICR et/ou la Société nationale, joue un rôle essentiel en garantissant que les messages de prévention contre les dangers des mines restent présents dans les communautés concernées et sont transmis aux nouveaux arrivants. La participation des autorités locales est cruciale car celles-ci sont les premières à être informées du retour de la population.
 
Pour mieux comprendre les clés des comportements à haut risque, il est essentiel   de travailler auprès des communautés et d’obtenir d’elles les informations permettant de déterminer quels risques elles sont prêtes à prendre, et pourquoi (nécessité économique, pression sociale, facteurs affectifs, refus de la réalité). Il importe aussi de savoir comment elles perçoivent le problème des mines et des munitions non explosées, et quelles sont les solutions qu’elles proposent. Faire participer les communautés concernées et engager un dialogue avec elles permet de définir les problèmes spécifiques que la menace des mines et des munitions non explosées posent aux villages. Les villageois peuvent alors être associés à la recherche de solutions appropriées. Les équipes d’éducation spécialisées du CICR et de la Société nationale nouent des relations avec d’autres organisations humanitaires et d’autres départements du CICR pour mettre en place ces solutions. Cette stratégie à base communautaire permet de prévenir les accidents attribuables à des causes économiques. Autrement dit, s’il est important de délivrer le message juste, d’une manière propre à capter l’attention des gens, il faut aussi trouver les stratégies appropriées pour   modifier les comportements à haut risque. Les communautés concernées doivent donc être associées à la recherche d’une solution au problème.

 
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Travailler avec les personnes déplacées et celles qui regagnent leur lieu d’origine: Bosnie-Herzégovine, République fédérale de Yougoslavie/Kosovo, ex-République yougoslave de Macédoine, Afghanistan et Éthiopie 
   
Bosnie-Herzégovine: une approche à base communautaire pour définir les besoins de groupes cibles spécifiques 
 

Le programme mis en œuvre en Bosnie-Herzégovine vise à soutenir les initiatives des communautés, dont les membres sont encouragés à participer à la recherche de solutions au problème des mines et des munitions non explosées. Des programmes de prévention contre les dangers des mines et des munitions non explosées ont été organisées à l’intention des groupes à haut risque comme les rapatriés et les réfugiés de République fédérale de Yougoslavie, ainsi que les populations locales et les enfants. Une campagne a été lancée dans les médias pour soutenir les activités à base communautaire. Elle avait été précédée d’une enquête dans les médias, destinée à définir la stratégie la mieux adaptée à l’égard des populations à haut risque, y compris les rapatriés. 

Le processus de retour s’accélérant, les rapatriés font l’objet d’une attention particulière. Dans bien des cas, les gens regagnent des zones qui ont été inhabitées pendant plusie urs années et qui sont infestées de mines. Ils doivent commencer par nettoyer leurs maisons et défricher les terres pour pouvoir à nouveau les cultiver. Pour limiter les dangers que représentent les mines, les autorités devraient veiller à ce que ces zones soient inspectées avant l’arrivée des rapatriés, et déminées en priorité. Des instructeurs spécialisés en matière de prévention aux dangers des mines assurent la liaison avec les autorités et les organisations locales, ainsi qu’avec les rapatriés, pour s’assurer que les messages et les outils de sensibilisation sont utilisés et que des solutions sont trouvées. Des brochures attirant l’attention des rapatriés sur les dangers des mines sont produites et distribuées.

 
Kosovo: la réponse de la Croix-Rouge aux besoins en matière de prévention contre les dangers des mines et des munitions non explosées 
 

Le CICR a organisé un cours de formation pour cinq instructeurs des Sociétés nationales britannique, finlandaise et suisse, pour les aider à mener des activités de prévention contre les dangers des mines auprès des réfugiés du Kosovo dans leurs pays respectifs.

Pour veiller à ce que les rapatriés soient sensibilisés aux dangers des mines, le CICR a collaboré avec l’UNICEF à la formation de 75 collaborateurs de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) travaillant dans les centres d’accueil et de transport des rapatriés et des personnes déplacées. Le personnel à l’œuvre dans les centres, ou chargé d’accompagner les rapatriés dans les autocars ou les avions, discute du problème et distribue du matériel de prévention contre les dangers des mines. Le CICR a remis à l’OIM 5000 brochures destinées aux enfants, 9000 brochures contenant des informations de caractère général, ainsi que des affiches et des vidéocassettes éducatives qui sont souvent projetées pendant le voya ge en avion.

Le CICR avait organisé des séances d’information à l’intention des personnes déplacées qui s’étaient installées du côté kosovar de la frontière entre le Kosovo et la Macédoine et près de la limite entre le Kosovo et la Serbie. Des matériels de prévention contre les dangers des mines et des munitions non explosées avaient en outre été distribués. La plupart des séances avaient eu lieu dans des centres collectifs et les soupes populaires du CICR.

 
Le CICR en ex-République yougoslave de Macédoine: comment chaque groupe cible a été atteint 
 

C’est à travers son programme à base communautaire de prévention contre les dangers des mines et des munitions non explosées que le CICR a travaillé avec les civils directement menacés en ex-République yougoslave de Macédoine. Une action a été menée tant auprès de la population locale, qui avait décidé de rester, que des réfugiés et des personnes déplacées qui avaient fui les zones de conflit. Le CICR a établi une liste des zones géographiques prioritaires pour atteindre ceux qui étaient les plus menacés, ou ceux qui étaient sur le point de regagner des zones à haut risque. 

  Population réfugiée – Environ 80 000 personnes ont quitté la Macédoine pour le Kosovo pendant le conflit (source: HCR). La délégation du CICR au Kosovo a distribué quelque 20000 brochures pour sensibiliser les familles réfugiées aux dangers des munitions d’obus non explosés, avant qu’elles ne regagnent la Macédoine. Il était important que les gens comprennent que les dangers en Macédoine seraient différents de ceux auxquels ils étaient exposés au Kosovo, où les mines et les bombes à dispersion étaient le principal problème.

  Population déplacée – Plus de 70000 personnes étaient déplacées en Macédoine à la fin du conflit. Des instructeurs spécialisés dans la prévention contre les dangers des mines se sont rendus dans tous les centres collectifs. De plus, les déplacés séjournant dans des familles d’accueil se sont vu remettre une brochure d’information lorsqu’ils sont venus collecter au centre de la Croix-Rouge de Macédoine les secours mensuels fournis par le CICR. Des instructeurs de la Société nationale ont tenu, dans leurs sections respectives, des séances de sensibilisation à l’intention des personnes déplacées séjournant dans des familles hôtes.

     

 
Afghanistan: les programmes du CICR et du Croissant-Rouge afghan sont adaptés aux nouvelles menaces 
 

Le récent rétablissement de la paix en Afghanistan ne change rien au fait que le pays est l’un des plus minés au monde. En plus des anciennes mines terrestres déposées pendant plus de vingt ans de guerre, des engins non explosés tels que les sous-munitions provenant des bombes à dispersion larguées récemment représentent désormais une nouvelle menace.

Depuis les événements du 11 septembre et le changement de régime en Afghanistan, les personnes déplacées regagnent leurs villages, dont certains sont situés sur l’ancienne ligne de front et donc jonchés de mines et de munitions non explosées. Les sous-munitions de bombes à dispersion représentent un nouveau danger pour les personnes déplacées et les rapatriés car la plupart des zones de frappe se trouvent à proximité des villages et/ou des camps.

Le CICR et le Croissant-Rouge afghan font des enquêtes sur les accidents liés aux sous-munitions afin que les organisations de déminage puissent intervenir immédiatement. Les équipes de prévention contre les dangers de s mines s’adressent aux personnes déplacées dans les villages de la ligne de front afin de les informer le plus rapidement possible des menaces dans leur région. Le CICR s’emploie également à récolter des informations sur les victimes de mines ou de munitions non explosées au niveau national. La procédure utilisée pour relever le nombre de morts et de blessés est en cours d’amélioration, car les informations sont recueillies au niveau local, alors qu’auparavant on enregistrait simplement les cas signalés dans les centres de santé où les victimes sont amenées.

En pareille situation, la prévention contre les dangers des mines ne consiste pas seulement à sensibiliser les gens au danger, parce qu’ils sont généralement déjà bien informés, mais à réellement changer leur comportement et, on l’espère, à fournir aussi des solutions économiques. Le CICR fait son possible pour que les mesures préventives tiennent pleinement compte de la réalité économique des populations à risque.

 
Éthiopie: Evaluation de l’ampleur du danger des mines 
 

Le CICR a procédé à des relevés au Tigré, dans le nord de l’Éthiopie, pour établir l’ampleur de la contamination par les mines/les munitions non explosées après le conflit avec l’Érythrée. L’évaluation a été étendue aux territoires occupés en vue d’engager des activités de prévention contre les dangers des mines, lesquelles seront intensifiées lorsque ces territoires seront restitués à l’Érythrée et/ou remis à la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée.

 
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