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Érythrée: prévention contre les dangers des mines

03-03-2003

Programme de prévention contre les dangers des mines et des munitions non explosées

La plupart des régions infestées de mines et de munitions non explosées en Érythrée sont situées dans les provinces du nord, du nord-ouest et du sud. En 2001, 157 victimes d'accidents dus à ce genre d'engins ont été signalées ; 69 l’ont été de janvier à septembre 2002. La majorité étaient des hommes de moins de 20 ans.

De mai à octobre 2002, la Société de la Croix-Rouge d'Érythrée et le CICR ont évalué de manière approfondie la nécessité de renforcer les activités de sensibilisation aux dangers des mines et les capacités de la Croix-Rouge en la matière. Des rencontres ont eu lieu aux échelons national et régional avec des représentants d'organisations de lutte antimines ainsi que des institutions et des autorités concernées. En collaboration avec 32 volontaires de la Croix-Rouge d'Érythrée qui avaient bénéficié d'une formation, quelque 150 entretiens ont été menés dans des camps de déplacés internes et des villages affectés par la présence de mines et de munitions non explosées.

Malgré les activités de prévention contre les dangers des mines que différentes institutions et organisations ont conduites ces deux dernières années – du moins, dans le sud du pays –, et même si le nombre de victimes recensées est moins élevé que dans bien d'autres pays infestés de mines, il est manifestement nécessaire d’engager des activités à long terme pour mieux sensibiliser les populations et modifier les comportements à haut risque. Les mines et les munitions non explosées continueront en effet à compromettre l’utilisation des terres agricoles, des pâturages, des zones de collecte de bois et d’eau, etc., pendant des années encore.

L'évaluation a fa it ressortir que si de nombreuses personnes en Érythrée prennent des risques, ce n'est pas nécessairement par ignorance, mais souvent parce qu'elles y sont contraintes pour des raisons économiques (voir rapport annexé). En plus de sensibiliser davantage les enfants et les bergers au danger, et de fournir aux adultes des informations plus systématiques sur les zones sûres/à risque et l’importance des panneaux indicateurs de mines, il faudrait mettre au point des méthodes telles que les présentations directes et les activités communautaires, et rechercher des solutions avec la population locale. Ces activités devraient viser aussi bien les zones à haut risque que celles où les risques sont faibles.

L'évaluation a aussi montré que l’Érythrée n’a pas actuellement de système national efficace de collecte de données sur les accidents dus aux mines et aux munitions non explosées. Il est apparu, lors des visites sur le terrain, que certaines des victimes n'avaient jamais été enregistrées soit parce qu'elles n'avaient pas été hospitalisées, soit parce qu'aucune organisation de lutte antimines n'était présente au moment des faits. Dès lors, il est difficile de déterminer qui est touché, où et comment et donc d’établir des priorités et de cibler les activités – déminage, sensibilisation et assistance – en fonction des besoins.

Des projets visant à renforcer le système national de collecte de données sur les victimes ont été élaborés en coopération avec la Croix-Rouge d'Érythrée. Ils sont axés sur les structures de santé du pays et font appel aux services du réseau des volontaires de la Croix-Rouge.