Page archivée: peut contenir des informations obsolètes

Ethiopie / Erythrée : Assistance en faveur des rapatriés

11-12-2003 Communiqué de presse

Les étapes sont nombreuses avant que les rapatriés éthiopiens et érythréens puissent traverser la frontière qui sépare les deux pays. Le CICR, en tant qu’intermédiaire neutre, les aide à regagner leur pays d’origine. Voici une histoire personnelle illustrant ces étapes

 

ICRC/ref. er-e-00041.jpg
Des Éthiopiens attendent devant les bus qui les conduiront à la frontière. 

Il y a 14 ans, quand Senait (nom fictif) a quitté son village situé près de Mekele (Éthiopie) pour se rendre à Adi Quala, elle ignorait que le chemin du retour serait si long. Dans une zone qui allait devenir la frontière entre l’Éthiopie et le nouvel État d’Érythrée, Senait a marché sur une mine et a perdu ses deux jambes et un bras. Elle a trouvé refuge dans une institution religieuse d’Asmara. Malgré les soins attentifs que lui prodiguaient les sœurs Senait n’avait jamais pu réaliser son grand désir : retourner dans le pays de son enfance.

Plusieurs centaines de kilomètres plus au sud, à Addis-Abeba, Tseggai (nom fictif), âgé de 20 ans, a attendu de nombreuses années l’occasion de se rendre en Érythrée, son pays d’origine, afin de faire connaissance avec la famille de son père. Senait et Tseggai ont demandé l’aide du CICR pour traverser la frontière, fermée depuis la dernière guerre entre l’Éthiopie et l’Érythrée. D’abord, ils doivent solliciter un visa de sortie aux autorités de leur pays de résidence. Cependant, l’autorisation de traverser la frontière doit être accordée par les deux pays. Faute de relations diplomatiques entre l’Éthiopie et l’Érythrée, le CICR joue le rôle d’intermédiaire neutre et soumet les demandes de rapatriement aux autorités des deux É tats.

Quinze jours avant de traverser la frontière, Senait à Asmara et Tseggai à Addis-Abeba contrôlent leurs bagages à plusieurs reprises et ont du mal à trouver le sommeil. Qu’est-ce qui les attend dans un pays qui est le leur, mais qui, au fil des ans, est devenu de plus en plus étranger ? Comment seront-ils reçus par leur famille et leurs amis ? Le choix est difficile car ils doivent quitter des amis et un pays qui fait partie de leur vie. Mais quand arrive le jour J, les deux sont satisfaits de leur décision.

  L’espoir d’un nouveau départ dans leur pays d’origine  

 

   
    L’humanité n’a pas de frontières 

    Maria (nom fictif) est Éthiopienne et vit à Asmara. Récemment, son fils a été arrêté pour une affaire de larcin. Pour le mettre en liberté sous caution, sa mère devait présenter aux autorités un citoyen érythréen possédant une licence commerciale, afin qu’il se porte garant de la famille. Les amis érythréens de Maria ne répondaient pas à ce critère. Un jour, un homme d’affaires érythréen a remarqué le désespoir de la mère qui se rendait à la prison, et s’est informé du problème. Après avoir entendu le récit de Maria, l’inconnu a accepté de l’aider à condition qu’un de ses voisins témoigne de son honnêteté. Cela fait, l’« ange gardien » s’est présenté à la police pour signer la caution, puis il a disparu. Alors, pour Maria, ce proverbe tigréen a pris tout son sens : « Si vous ne pouvez pas remercier un bienfaiteur, parlez de lui. » 
ICRC/ref. er-e-00042.jpg
Des Éthiopiens traversent la frontière sur le pont du fleuve Mereb. 

Pour Tseggai, le voyage vers la frontière est pénible : il doit passer plusieurs jours dans un bus loué par le CICR. En revanche, du côté de l’Érythrée, on atteint la frontière en quatre heures. Après avoir traversé la ville d’Adi Quala, le convoi emprunte une route impressionnante qui descend en lacets jusqu’au bord du fleuve Mereb, qui sépare les deux pays. C’est là que se trouve le pont, reconstruit par la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée, où s’effectue le passage de la frontière sous les auspices du CICR. Senait et Tseggai ne sont pas les seuls rapatriés qui vont traverser la frontière. Le groupe compte plus d’une centaine de personnes. Si la plupart d’entre elles regagnent leur pays d’origine pour retrouver leur famille, d’autres rêvent d’améliorer leur situation économique.

En chemin, des volontaires de la Croix-Rouge éthiopienne et de la Société de la Croix-Rouge d’Érythrée distribuent aux passagers des biscuits et de l’eau. Ils ont également aidé les voyageurs à charger leurs bagages sur des camions. Sur le pont qui enjambe le fleuve Mereb, le CICR et les services d’immigration des deux pays comptent et contrôlent les rapatriés. Des volontaires de la Croix-Rouge portent les bagages et transfèrent le chargement des camions d’un côté à l’autre. Finalement, en compagnie des autres Éthiopiens, Senait traverse la frontière sur sa chaise roulante et déclare en souriant : « Maintenant, je veux me remettre à l’amharique. » En face d’elle, avec le groupe d’Érythréens, Tseggai fais ses premiers pas sur le sol de son pays en disant : « Je me réjouis de faire conna issance avec mes cousins. »

  Maria (nom fictif) est Éthiopienne et vit à Asmara. Récemment, son fils a été arrêté pour une affaire de larcin. Pour le mettre en liberté sous caution, sa mère devait présenter aux autorités un citoyen érythréen possédant une licence commerciale, afin qu’il se porte garant de la famille. Les amis érythréens de Maria ne répondaient pas à ce critère. Un jour, un homme d’affaires érythréen a remarqué le désespoir de la mère qui se rendait à la prison, et s’est informé du problème. Après avoir entendu le récit de Maria, l’inconnu a accepté de l’aider à condition qu’un de ses voisins témoigne de son honnêteté. Cela fait, l’« ange gardien » s’est présenté à la police pour signer la caution, puis il a disparu. Alors, pour Maria, ce proverbe tigréen a pris tout son sens : « Si vous ne pouvez pas remercier un bienfaiteur, parlez de lui. »