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Myanmar: une nouvelle jambe pour Than Htay

24-12-2003 Éclairage

Un peu plus de 9000 personnes ont déjà été appareillées dans les cinq centres publics d’appareillage orthopédique du Myanmar, grâce au matériel et à l'expertise fournis par le CICR depuis 1986, c’est-à-dire depuis que l’institution est présente dans le pays.

Au départ, le programme d’appareillage orthopédique du CICR, réalisé en coopération avec le ministère de la Santé, consistait à introduire les techniques les plus récentes en matière de fabrication des prothèses, à mettre à disposition ses connaissances technologiques et à former un certain nombre d'employés nationaux à l'utilisation de nouvelles machines perfectionnées et de nouveaux matériaux synthétiques.

 

    Kyaw (23 ans). Finition d'une jambe artificielle au centre orthopédique de Hpa-An    
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Le 6 décembre 2001, le CICR a signé un accord avec les autorités ministérielles et la Croix-Rouge de Myanmar afin d'installer son propre centre d’appareillage orthopédique et de rééducation physique à Hpa-An, capitale de l’État du Karen (sud-est du Myanmar). En raison des tensions qui persistent   depuis l’indépendance du pays en 1948, ce sont les districts situés le long de la frontière avec la Thaïlande qui recensent la grande majorité des blessés par mine.

La construction du centre de Hpa-An a commencé en janvier 200 2 et les premiers membres artificiels ont été produits en septembre de la même année. Quelques mois auparavant, le CICR avait engagé une vingtaine d'employés nationaux, dont huit ont été formés en tant que techniciens prothésistes.

Depuis son ouverture, le centre de Hpa-An a équipé de prothèses plus de 600 personnes, des jeunes pour la plupart. Si parmi elles figurent de nombreux combattants, on enregistre également des mutilés civils (hommes, femmes et enfants) qui se déplacent quotidiennement dans ces régions à risques.

Aujourd'hui, le jeune Kyaw, 23 ans, qui excelle dans la finition des prothèses, termine la jambe artificielle qui équipera un homme de 34 ans, Than Htay. Ses collègues, Yin Mar et Nan Saw, effectuent un dernier contrôle des pièces maîtresses de cette jambe en polypropylène. En effet, Than Htay habite dans le petit village de Nyaung Chaung, situé à près de 80 km au sud de Hpa-An, et il ne lui sera pas facile de revenir au centre s'il casse sa prothèse. Sous l'œil avisé de John Maree, prothésiste, le patient exécute une série de mouvements pour s'assurer que la nouvelle prothèse est correctement posée. Dirigé par Jacques Forget, lui aussi prothésiste, le centre de Hpa-An ne délivre les « bons de sortie » que lorsque tous les tests sont concluants.

 

    Than Htay, avec sa nouvelle jambe, dans son échoppe de réparation de cycles à Nyaung Chaung.    
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Bien que célibataire, Than Htay ne vit pas seul. Il habite à la lisière du village avec une trentaine de mem bres de sa famille. Ils logent tous dans trois maisons en bois, bâties sur pilotis pour se protéger des inondations et des serpents. Comme beaucoup d'autres, Than Htay avait sauté sur une mine. C'était en 1991, alors qu'il se déplaçait dans les zones d'affrontements. Amputé, il avait pu se procurer une première prothèse dont la qualité n’était pas aussi bonne que la nouvelle. Maintenant, il a presque retrouvé sa mobilité d'antan. Sur le chemin du retour, Than Htay va voir si tout va bien dans son échoppe de réparation de cycles. Il ne veut pas perdre de temps. Dès demain matin, il reprendra son travail.

« Outre l’activité orthopédique, le CICR mène d'autres activités humanitaires, confie Christophe Menu, chef du bureau CICR à Hpa-An, comme les visites aux personnes privées de liberté – visites qui permettent de s'assurer que les conditions de détention et les traitements sont acceptables et que les détenus peuvent échanger des messages Croix-Rouge avec leur famille. »

Par ailleurs, le CICR apporte son soutien à plusieurs structures médicales en leur fournissant du matériel de première nécessité. Il s'occupe également de rétablir l'accès à l'eau potable dans des lieux de détention et des centres de soins, évalue la situation de la population civile dans les zones de tension, lui apporte son aide le cas échéant, et participe à la préparation des jeunes volontaires de la Croix-Rouge nationale aux interventions d'urgence.