Page archivée: peut contenir des informations obsolètes

Myanmar : le CICR est prié de fermer ses bureaux sur le terrain

27-11-2006 Communiqué de presse 06/133

Genève/Yangon (CICR) – Récemment, le gouvernement du Myanmar a ordonné au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de fermer ses cinq bureaux sur le terrain (Mandalay, Mawlamyine, Hpa-an, Taunggyi et Kyaing Tong), empêchant ainsi l’institution de mener à bien l’essentiel de son travail d’assistance et de protection en faveur des civils qui vivent dans des conditions difficiles dans les zones frontalières.

Les autorités du Myanmar ont également annoncé qu’elles n’autoriseraient pas le CICR à reprendre ses visites aux détenus. Celles-ci avaient été interrompues en décembre 2005, car le CICR n’était plus en mesure de les effectuer selon ses modalités habituelles.

Le CICR regrette profondément la décision des autorités du Myanmar de fermer ses bureaux sur le terrain, car elle compromet les résultats du travail humanitaire déjà réalisé en faveur des groupes les plus vulnérables de la population du pays, en particulier les personnes détenues ou vivant dans des zones frontalières sensibles. « Nous avons eu pendant des années des discussions fructueuses avec le gouvernement du Myanmar, et depuis 1999, notre travail a eu des répercussions tangibles sur les conditions de vie et de sécurité de la population », a déclaré Pierre Krähenbühl, directeur des opérations de l’institution. « Le CICR craint sérieusement que ce soit ceux qui ont le plus besoin d’aide qui souffrent le plus de l’impasse actuelle. »

En raison de l’incapacité croissante du CICR d’effectuer un travail réel au Myanmar et de la détérioration, puis cessation, du dialogue avec le gouvernement, l’institution a dû diminuer progressivement ses opérations au cours de ces derniers mois pour s’en tenir à quelques projets limités dans le domaine de la réadaptation physique des amputés. En outre, ses activités d’assistance en faveur des civils des zones frontalières sensibles ont été tout d’abord gravement entravées, puis rendues totalement impossibles.

Au cours des douze derniers mois, le CICR a tenté sans relâche, lors de réunions avec le gouvernement du Myanmar, de rétablir un dialogue constructif pour aborder les questions urgentes d’ordre humanitaire. La dernière rencontre a eu lieu le 17 novembre à la demande du CICR, entre son président Jakob Kellenberger et l’ambassadeur du Myanmar auprès des Nations Unies à Genève, Nyunt Maung Shein. Malheureusement, malgré les efforts acharnés du CICR, aucun indice n’a permis d’envisager un déblocage de la situation, ce qui oblige l’institution à revoir son cadre opérationnel dans le pays.

Le CICR a toujours travaillé au Myanmar en respectant scrupuleusement le mandat qui lui a été confié par la communauté internationale. Il reste fidèle à son engagement de venir en aide à toutes les personnes vulnérables couvertes par ce mandat – où qu’elles se trouvent – en toute transparence et avec l’accord du gouvernement. Le CICR est persuadé de la valeur de son travail au Myanmar. Il est déterminé à reprendre le dialogue avec le gouvernement afin de pouvoir étendre à nouveau son rayon d’action et alléger ainsi les restrictions draconiennes imposées actuellement à son travail humanitaire dans le pays.

  Informations complémentaires :  

  Pierre-André Conod, CICR Yangon, tél. : +951 662 613 ou +951 664 524  

  Thierry Ribaux, CICR Yangon, tél. : +951 662 613 ou +951 664 524  

  Carla Haddad, CICR Genève, tél. : +41 22 730 24 05 ou +41 79 217 32 26