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Arménie : le sort de plus de 4 500 personnes disparues n'est toujours pas élucidé

30-08-2010 Communiqué de presse 10/161

Erevan (CICR) – Seize ans après l’accord de cessez-le-feu signé pour mettre fin au conflit du Haut-Karabakh, les familles de personnes disparues ressentent encore vivement les conséquences psychologiques, économiques et juridiques des affrontements, a indiqué aujourd'hui le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

La Journée internationale des personnes disparues, célébrée le 30 août dans tous les pays, vise à attirer l'attention sur les difficultés auxquelles doivent faire face les familles de disparus à travers le monde et à rappeler qu'elles ont le droit de savoir ce qu'il est advenu de leurs proches.

« Les familles ont non seulement besoin de connaître le sort de leurs proches portés disparus, mais elles doivent aussi résoudre des problèmes d'ordre psychologique, économique et juridique », explique Nadya Kebir Raoloson, responsable de la délégation du CICR en Arménie.

Depuis que le CICR a commencé ses activités en Arménie en 1992, il s'intéresse à la question des personnes portées disparues dans le cadre du conflit du Haut-Karabakh et aux besoins de leurs familles. À ce jour, on ignore toujours le sort de plus de 4 500 personnes.

Une enquête conduite par l'institution afin de mieux comprendre les effets des disparitions sur les proches a révélé que les familles touchées souffrent en général davantage de la pauvreté et du chômage que les autres foyers arméniens. Cela s'explique par le fait qu'elles ont mobilisé leurs ressources pour retrouver leurs êtres chers et qu'elles ont manqué des opportunités d'améliorer leur situation économique. De plus, elles ont dû surmonter le traumatisme psychologique causé par les disparitions.

Le CICR espère qu'une attention accrue sera accordée à la situation des familles de personnes disparues et que plus de mesures seront prises pour répondre à leurs besoins.

« La création d'un cadre législatif approprié allégerait les diffi cultés que rencontrent très souvent les familles de personnes disparues », déclare Dziunik Aghajanian, une conseillère du ministère des Affaires étrangères qui dirige le groupe de travail interministériel chargé de mettre au point une nouvelle loi sur les personnes disparues.

« En vue de compiler toutes les données détaillées recueillies sur les personnes disparues, la Commission d'État va commencer à saisir ces informations dans une base de données spéciale », indique Armen Kaprielyan, qui dirige un groupe de travail de la Commission d’État sur les prisonniers de guerre, les otages et les personnes disparues.

Le CICR continuera de soutenir les autorités arméniennes dans les efforts qu'elles déploient pour répondre aux besoins des familles de personnes portées disparues.

     

  Informations complémentaires :  

  Rouzanna Vardanyan, CICR Arménie, tél. : +37 410 29 74 15