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Laos : l’interdiction mondiale des armes à sous-munitions franchit un nouveau cap

09-11-2010 Communiqué de presse 10/200

Genève / Bangkok (CICR) – Les États parties à la Convention sur les armes à sous-munitions se réunissent pour la première fois du 9 au 12 novembre au Laos, le pays le plus durement touché par ce type d’engins, pour faire en sorte que les obligations vitales de la Convention se traduisent en actions concrètes.

« Le Laos est un exemple tragique de ce qui ne doit plus jamais se reproduire. Des armes à sous-munitions utilisées il y a une quarantaine d’années continuent de tuer et de blesser nombre de personnes, d’entraver l’accès de la population aux terrains agricoles et de contrarier le développement », a déclaré Christine Beerli, vice-présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Le but de cette réunion, à laquelle participent les États parties à la Convention, des institutions des Nations Unies, des organisations internationales, des représentants de la société civile et des personnes ayant survécu à des accidents dus à des sous-munitions, est de dresser un bilan des progrès accomplis dans ce domaine et de mettre au point des plans d’action concernant la mise en œuvre de la Convention et le suivi de son application.

« Nous sommes réunis ici aujourd’hui pour veiller à ce que les communautés, les victimes et les survivants voient leurs conditions de vie s'améliorer grâce à des mesures telles que réduction des risques, dépollution des zones contaminées, soins médicaux, réadaptation physique, soutien psychosocial et création de perspectives économiques », a ajouté Mme Beerli.

Selon les autorités laotiennes, le pays recèle environ 80 millions de sous-munitions qui font quelque 300 victimes chaque année dans les 17 provinces que compte le pays.

« En vertu de cette Convention, les armes à sous-munitions sont désormais stigmatisées pour leurs effets inacceptables, et des millions de ces engins seront détruits. Il s’agit d’une première grande victoire, qui contribuera à mettre un terme aux terribles souffrances causées par ces armes. Améliorer les conditions d’existence des personnes déjà touchées par les sous-munitions suppose par ailleurs de mettre au point des stratégies nationales et de mobiliser les ressources nécessaires pour dépolluer les zones contaminées, venir en aide aux victimes et à leurs communautés et détruire les stocks existants », explique quant à lui Peter Herby, chef de l’Unité armes du CICR.

Plus de la moitié des États de la planète ont banni ces armes en signant – et, pour beaucoup, en ratifiant – la Convention sur les armes à sous-munitions. Avant que cet instrument ne voie le jour, les armes à sous-munitions menaçaient de proliférer indéfiniment, avec le lot de souffrances qu’elles engendrent. Dans beaucoup de régions du monde, ce n’est désormais plus le cas.

La Convention sur les armes à sous-munitions est entrée en vigueur le 1er août 2010. Au 9 novembre 2010, 108 États l’avaient signée, et 43 d'entre eux* l'avaient également ratifiée. Des millions de sous-munitions ont déjà été détruites grâce à la Convention, et les États parties en détruiront encore bien davantage au cours des mois à venir.

  Informations complémentaires :  

  Eman M'oankar, ICRC Bangkok, tél. : +66 81 950 1270  

  (qui peut, sur demande, organiser des interviews au Laos avec Peter Herby,  

  chef de l'Unité armes du CICR)  

  Christian Cardon, CICR Genève, tél. : +41 22 730 2426 ou +41 79 251 93 02  

     

* Albanie, Allemagne, Antigua-et-Barbuda, Autriche, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Burkina Faso, Burundi, Cap Vert, Comores, Croatie, Danemark, Équateur, Espagne, Fidji, France, Irlande, Japon, Laos, Lesotho, Luxembourg, Macédoine (ex-République yougoslave), Malawi, Mali, Malte, Mexique, République de Moldova, Monaco, Monténégro, Nicaragua, Niger, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Saint-Siège, Samoa, Saint-Marin, Seychelles, Sierra Leone, Slovénie, Tunisie, Uruguay et Zambie.