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Pakistan : les personnes déplacées qui regagnent leur foyer doivent être en sécurité et avoir accès aux vivres et aux services de base

16-07-2009 Point sur les activités

Alors que des milliers de personnes déplacées à l'intérieur de leur pays regagnent leur foyer, il est primordial d'assurer leur sécurité et de leur garantir des conditions de vie dignes. Le CICR continue de venir en aide aux personnes touchées par les combats, dont des milliers de déplacés internes, mais il a besoin pour ce faire d'un accès sûr et sans entrave.

     
    ©Reuters/F. Mahmood      
   
Des déplacés internes démontent leur tente et s'apprêtent à regagner leur foyer. 
           

       
    ©Reuters/A. Latif      
   
District de Swabi : des personnes déplacées rassemblent leurs effets personnels et se préparent à rentrer chez elles dans la vallée de Swat. 
           

       
    ©Reuters/F. Mahmood      
   
Un homme qui avait dû quitter son foyer charge ses affaires sur le toit d'un autocar qui le ramènera chez lui. 
           

Le 11 juillet, le gouvernement pakistanais a annoncé que les quelque deux millions de personnes qui avaient fui les affrontements dans la région de Malakand (province de la Frontière du Nord-Ouest) pouvaient regagner leur foyer. On estime que plus de 10 000 personnes ont quitté les camps depuis le 13 juillet, date à laquelle le gouvernement a lancé son opération pour faciliter leur retour.

« Il est absolument crucial que les personnes déplacées puissent rentrer chez elles aussitôt que les conditions le permettent. Toutefois, les familles qui font ce choix doivent être en sécurité et avoir accès aux vivres et aux services de base », déclare Pascal Cuttat, chef de la délégation du CICR au Pakistan. « Il incombe aux autorités pakistanaises non seulement de garantir la sécurité et la dignité des personnes déplacées, mais aussi de veiller à ce que leur retour soit volontaire et qu'il se fonde sur leur propre évaluation des conditions de sécurité et de la situation économique dans leur région. » Le CICR, en tant qu'institution humanitaire neutre et indépendante, ne participe pas au programme mené par le gouvernement en faveur des déplacés. Cependant, il suit et continuera de suivre de près le processus de retour, indépendamment des autorités.

Le CICR collabore étroitement avec le Croissant-Rouge du Pakistan et d'autres partenaires au sein du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour porter assistance à plus de 260 000 personnes déplacées, qu'elles décident de regagner leur foyer ou de rester sur place.

  Des milliers de personnes regagnent des régions touchées par les combats  

Depuis le 13 juillet, des milliers de personnes quittent les camps, dont les sept soutenus par le CICR et le Croissant-Rouge du Pakistan, pour se rendre dans les districts de Buner et de Swat, dans la région de Malakand, à bord d'autocars fournis par le gouvernement ou par leurs propres moyens. Elles sont souvent sous escorte policière et accompagnées par des ambulances affrétées par le gouvernement. De nombreuses familles déplacées qui étaient hébergées par des familles d'accueil, notamment dans le district de Mardan, ont elles aussi commencé à regagner leur foyer, généralement par leurs propres moyens.

Les conditions de sécurité demeurent précaires dans certaines zones de la province de la Frontière du Nord-Ouest. L'économie locale a été fortement déstabilisée par les violences, et de nombreuses familles seront probablement confrontées à de graves difficultés à leur retour. Dans les districts de Swat, de Buner et de Dir, où la plupart des banques n'ont pas rouvert leurs portes, les marchandises sont rares et coûteuses. À Timergara, dans le district de Dir, les légumes sont jusqu'à quatre fois plus chers qu'avant la crise.

Dans le district de Buner, où la sécurité s'est sensiblement améliorée, on estime que près de la moitié de toutes les personnes qui avaient quitté leur foyer sont revenues. Malgré le couvre-feu en vigueur, les nombreuses maisons détruites et les dommages subis par les infrastructures, la vie reprend rapidement son cours à Daggar, capitale du district. Néanmoins, l'accès à l'eau, à l'électricité et à d'autres services de base reste difficile en dehors des villes principales. La plupart des usines de marbre, une source importante de revenus et d'emplois dans le district, sont toujours à l'arrêt.

Dans le distri ct de Dir, le CICR et le Croissant-Rouge du Pakistan continuent de distribuer des vivres et divers articles à plus de 116 000 personnes déplacées vivant dans des camps ou des familles d'accueil. De plus, des travaux sont effectués dans le but d'améliorer l'accès à l'eau propre et aux services d'assainissement dans les camps du district.

  L'assistance continue dans les camps  

Le CICR poursuit son étroite collaboration avec le Croissant-Rouge du Pakistan et d'autres organismes partenaires au sein du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge pour venir en aide à des dizaines de milliers de personnes qui ne sont pas encore rentrées chez elles. À Shah Mansoor, où plus de 20 000 personnes vivent toujours dans un camp soutenu par le CICR et par le Croissant-Rouge du Pakistan, les organisations construisent des blocs sanitaires supplémentaires et renforcent les infrastructures du camp en prévision de la mousson. Toutes les familles hébergées dans le camp peuvent désormais préparer leurs propres repas grâce aux vivres, aux bols, aux casseroles, aux fourneaux et au bois qu'elles ont reçus.

Le CICR continue d'aider les familles déplacées à rétablir des liens avec leurs proches. Les demandes sont particulièrement nombreuses dans le camp pour personnes déplacées de Jalozai (le plus grand de la province de la Frontière du Nord-Ouest), où vivent actuellement plus de 110 000 personnes. « Nombreux sont ceux qui ont dû partir dans la précipitation, parfois sans leur téléphone portable. Ils sont séparés de leur famille depuis des semaines », raconte David Goetschmann, le délégué du CICR chargé des activités de recherches dans la province. « Nous recherchons leurs proches pour eux et, si nécessaire, nous proposons des appels téléphoniques gratuits. »

Le CICR a commencé à sensibiliser les pers onnes déplacées vivant dans les camps aux dangers des mines et des autres munitions non explosées qu'elles pourraient trouver sur le chemin du retour. On apprend en particulier aux enfants à reconnaître ces armes et à les éviter.

Le CICR continuera d'aider les personnes déplacées par les combats dans la région de Malakand, qu'elles décident de rentrer chez elles ou non. Cependant, pour pouvoir fournir des secours aux personnes qui regagnent leur foyer et aux populations qui sont restées dans des régions touchées par les affrontements, l'institution doit pouvoir disposer d'un accès sûr et sans entrave.

 
 

  Informations complémentaires :  

  Sébastien Brack, CICR Islamabad, tél. : +92 300 850 81 38  

  Sitara Jabeen, CICR Islamabad, tél. : +92 300 850 56 93  

  Simon Schorno, CICR Genève, tél. : +41 79 251 93 02