Pakistan : des millions de sinistrés sont toujours aux prises avec les inondations dans les provinces du sud

16-09-2010 Point sur les activités

Alors que la couverture médiatique des inondations historiques qui ont frappé le Pakistan s’amenuise au profit d’autres événements dans le monde, la crise entre dans sa phase la plus critique dans les provinces méridionales plus densément peuplées du Sindh et du Baloutchistan.

     
©Reuters/Athar Hussain 
   
Dadu, à 300 km de Karachi, au Pakistan. Des victimes des inondations quittent leur village proche du lac Manchar, dont le niveau a fortement monté. 
                     
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Les équipes du Croissant-Rouge du Pakistan et du CICR évaluent ensemble les besoins des personnes touchées par les inondations à Shikarpur et Jacobabad, dans la province de Sindh. 
                     
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Un volontaire du Croissant-Rouge pakistanais distribue de la nourriture et des articles d'hygiène à des familles à Jumu Agham, dans le district de Larkana (Sindh). 
                   
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Jumu Agham, district de Larkana (Sindh). Un volontaire du Croissant-Rouge pakistanais distribue la nourriture fournie par le CICR.  
               

La baisse du niveau des eaux et la fin de la mousson offrent un peu de répit aux habitants du nord du Pakistan, où un nombre croissant de personnes déplacées par les inondations retournent chez elles pour découvrir les ravages causés à leurs maisons et à leurs champs. Dans le sud, le tableau est tout autre : les pluies persistantes et les eaux de crue en provenance du nord du pays entraînent des destructions massives dans les provinces du Sindh et du Baloutchistan.

« Sur les quelque 21 millions de personnes touchées par les inondations, sept millions vivent dans le Sindh, explique Peter Lick, chef du bureau du CICR à Karachi, capitale de la province. Plus d’un million de personnes déplacées par la catastrophe ont trouvé refuge dans des camps, auprès de familles d’accueil ou dans des zones situées sur les hauteurs. Selon les estimations, quatre millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire, et bon nombre d’entre elles l’attendent toujours alors que le niveau des eaux ne cesse de monter dans le delta de l’Indus, point de passage obligé pour aller se déverser dans la mer. Près d’un million d’autres personnes vivant dans des villages situés aux abords de digues et de levées de terre considérées à risque sont menacées par de nouvelles inondations. »

Dans la province du Baloutchistan, moins densément peuplée mais gravement touchée par la catastrophe, la scénario est le même. Quelque 600 000 personnes déplacées ont besoin d’une assistance humanitaire, et des villages entiers sont encore sous les eaux dans l’est, certains totalement coupés du monde. Pour les victimes des inondations, l’accès à l’eau potable est vital. Aussi le CICR s’emploie-t-il à évaluer au plus vite la possibilité de mettre en p lace une station de traitement des eaux à Dera Allah Yar, dans l’est du Baloutchistan.

« Les inondations ont risqué de bloquer l’accès aux régions méridionales depuis le centre logistique du CICR à Peshawar, si bien que le CICR a décidé de créer un second centre de distribution à Karachi, explique Thomas Riess, responsable des opérations de logistique du CICR au Pakistan. Le centre de Karachi est désormais pleinement opérationnel. Il a permis au CICR de fournir la semaine dernière des rations alimentaires à 15 000 sinistrés à Larkana, dans la province du Sindh. Des rations supplémentaires pour 21 000 personnes ont été envoyées depuis Karachi cette semaine pour être distribuées par le Croissant-Rouge du Pakistan à Jacobabad, dans le nord du Sindh. »

« En outre, plus de 1 000 tonnes d’ustensiles de cuisine, d’articles d’hygiène et de matériel pour la construction d'abris provenant des stocks de secours d’urgence constitués par le CICR dans d’autres régions ont été acheminés au Pakistan par les airs », ajoute M. Riess.

Le CICR a déjà fourni des secours pour plus de 70 000 personnes – rations alimentaires pour un mois, articles d’hygiène et ustensiles ménagers – qui ont été distribués par la Société nationale pakistanaise au Baloutchistan. Des rations alimentaires supplémentaires pour un mois sont préparées pour 280 000 autres victimes des inondations dans cette région.

« Outre les secours destinés au Baloutchistan, le CICR prévoit de fournir des rations alimentaires pour un mois en vue d’être distribuées par le Croissant-Rouge du Pakistan à 350 000 personnes dans les provinces du Sindh et du Punjab, explique André Paquet, chef adjoint de la délégation du CICR à Islamabad. Cette aide aux régions du sud représente la moitié de l’objectif global de l’institution, qui est de venir en aide à 1,4 million de victimes des inondations au Pakistan. Il s’agit d’une réponse forte et dynamique du CICR et de ses partenaires du Croissant-Rouge du Pakistan pour faire face aux besoins des nombreuses personnes sinistrées dans le sud du pays. »

Dans le même temps, le CICR continue de fournir des rations alimentaires pour près de 200 000 personnes déplacées par les affrontements dans les zones tribales sous administration fédérale, et d’apporter un soutien médical aux unités de soins de santé et aux centres de traitement de la diarrhée du Croissant-Rouge du Pakistan répartis dans le nord-ouest du pays.

Le CICR a permis à plus de 750 familles de rétablir le contact avec des proches séparés par suite des inondations. Il a en outre lancé une campagne visant à sensibiliser les communautés concernées au danger que représentent les mines et les autres engins explosifs charriés par les eaux.

En coopération avec la Société nationale pakistanaise et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le CICR poursuit ses opérations de secours dans les nombreuses zones sinistrées.

  Informations complémentaires :  

  Michael O'Brien, CICR, tél. : +92 300 850 8138  

  Sitara Jabeen, CICR Pakistan, tél. : + 92 300 850 5693  

  Peter Lick, CICR Karachi, tél. : +   92 302 811 0580  

  Christian Cardon, CICR, tél. : +41 22 730 24 26 ou +41 79 251 93 02