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Les activités du CICR en Tunisie, Mauritanie, Libye et au Maroc en 2008

01-02-2009 Point sur les activités

Le CICR a visité des détenus en Mauritanie et en Tunisie et contribué à rétablir les liens entre membres de familles séparées à la suite de différents conflits armés. Le CICR a aidé le Maroc et le Front Polisario à clarifier le sort des personnes disparues dans le cadre du conflit du Sahara occidental, et a ouvert un centre orthopédique pour les victimes des mines datant de ce conflit. Parmi les autres activités menées en 2008 figurent la promotion du droit international humanitaire et la coopération avec les Sociétés de Croissant-Rouge de ces pays.

  Visites aux personnes détenues  

Depuis 2005, le CICR visite en Tunisie   des personnes détenues dans des lieux de détention placés sous la responsabilité du ministère de la Justice, ainsi que les personnes dans des lieux de garde à vue placés sous la responsabilité du ministère de l'Intérieur et notifiés au CICR. 

Lors des visites, les délégués du CICR s'intéressent aux conditions matérielles de détention et au traitement des personnes détenues, depuis leur arrestation jusqu'à leur libération. Les personnes accusées notamment d'atteinte à la sécurité de l'État, les condamnés à mort, ou les personnes particulièrement vulnérables comme les mineurs, bénéficient d'un suivi individuel. Conformément à ses méthodes de travail habituelles, le CICR remet ses conclusions et éventuelles recommandations aux autorités détentrices, dans le cadre d'un dialogue bilatéral.

En 2008, le CICR a ainsi visité plus de 20 200 détenus en Tunisie, au cours de 40 visites dans 31 lieux de détention sous l'autorité du ministère de la Justice ou de l'Intérieur. Environ 600 détenus ont été rencontrés individuellement par les délégués du CICR. Dans le but de rétablir ou maintenir les liens familiaux entre les détenus et leurs familles, plus de 50 messages Croix-Rouge (MCR) – brèves nouvelles familiales – ont été échangés par l'intermédiaire du CICR.

En Mauritanie, le CICR a visité les personnes détenues en prison et dans les postes de police. Les délégués ont rencontré plus de 1 000 détenus – dont une cinquantaine individue llement – au cours de 35 visites dans 16 lieux de détention dépendant du ministère de la Justice ou de celui de l'Intérieur, et 27 MCR ont été échangés.

  Rétablissement des liens familiaux  

Afin d'aider les personnes ayant perdu la trace de leurs proches – du fait d'un conflit, de la détention d'un membre de la famille, ou des aléas de la migration – le CICR a facilité l'échange de près de 650 messages Croix-Rouge dans les pays couverts par sa délégation régionale.

Le CICR a participé au programme de contacts téléphoniques entre des personnes internées à Guantanamo ou à Bagram (Afghanistan) et leurs familles. Vingt-cinq contacts téléphoniques d'une durée moyenne d'une heure ont pu être facilités entre ces détenus et leurs familles en Tunisie (18), en Libye (4, avec le soutien actif du Croissant-Rouge libyen), au Maroc (1) et en Mauritanie (2).

Au cours de l'année 2008, le CICR a également reçu 38 nouvelles demandes de recherche pour des personnes séparées ou disparues dans le cadre de conflits ou d'autres situations de violence, portant ainsi le nombre total des demandes traitées par le CICR dans la région à près de 50. Deux personnes ont pu être localisées par le CICR durant cette période.

À la demande du Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (UNHCR), 50 documents de voyage CICR ont été émis pour des réfugiés sans documents se trouvant en Libye et en attente de pouvoir se rendre dans des pays tiers.

  Clarification du sort des personnes disparues durant le conflit du Sahara occidental  

Agissant en tant qu'intermédiaire neutre, la délégation régionale de Tunis continue de soutenir le Maroc et le Front Polisario dans leurs efforts pour c larifier le sort des personnes disparues durant le conflit du Sahara occidental (1975-1991). Le CICR a récemment proposé la création par chaque partie d'une structure ayant la tâche de collecter et centraliser toutes les informations pertinentes à la recherche et l'éclaircissement des cas, ainsi que de répondre aux besoins d'ordre administratif, économique et psychologique des familles concernées. 

  Assistance aux victimes des mines  

Des années après la fin des hostilités au sujet du Sahara occidental, des restes explosifs de guerre et de mines posées durant le conflit continuent de menacer les populations vivant ou se déplaçant dans les zones affectées.

Dans le cadre de la prise en charge des conséquences humanitaires de tels engins, le CICR a lancé en mai 2008 la production d'appareils orthopédiques et l'octroi de soins en physiothérapie pour les handicapés physiques vivant dans les camps de réfugiés sahraouis dans la région de Tindouf, dans le sud-ouest de l'Algérie.

La production a été initiée dans un centre orthopédique permettant d'offrir un accès en tout temps à des services de proximité pour des amputés et des personnes souffrant d'un handicap moteur des membres inférieurs et/ou supérieurs. L'objectif est que ces personnes retrouvent une autonomie de fonction et une qualité de vie leur permettant de se réintégrer dans la société et de préserver leur dignité humaine.

Les personnes appareillées ayant besoin d'un suivi tout au long de leur vie, le CICR a entamé la formation de professionnels locaux aux techniques orthopédiques et de physiothérapie – condition indispensable à la pérennité du projet.

Depuis juin 2008, 50 patients, dont 41 amputés, ont ainsi reçu des soins, prothèses, orthèses, béquilles et autres chaises roulantes.

  Promouvoir le droit international humanitaire (DIH)  

     

Le CICR a renforcé sa coopération avec les forces armées libyennes et tunisiennes pour l'intégration totale des dispositions du DIH dans les manuels et programmes de formation. Ces mêmes forces armées ont également organisé, avec le soutien du CICR, des séminaires et cours destinés aux juges militaires et aux instructeurs en DIH.

Au Maroc et en Tunisie, les commissions nationales créées afin de promouvoir et soutenir la mise en œuvre du DIH au plan national ont bénéficié du soutien juridique et technique du CICR. Cette coopération, visant à rendre les structures nationales autonomes, a permis à leurs membres d'accomplir plusieurs cycles de formation à l'échelle nationale et régionale. Parallèlement, le Maroc et la Tunisie ont accueilli et organisé trois réunions régionales destinées aux experts gouvernementaux arabes pour la mise en œuvre du DIH et aux milieux académiques.

Le dialogue entre le CICR et les milieux académiques islamiques s'est élargi vers la Tunisie et la Mauritanie. Des séminaires consacrés à la protection de la dignité humaine en temps de guerre et à la complémentarité entre DIH et droit musulman ont été organisés à l'Université Al-Qarawiyyine de Fès au Maroc, à la faculté de théologie de l'Université la Zitouna à Tunis, et avec une trentaine d'Ulémas de Mauritanie.

Dans le cadre du processus d'intégration des principes humanitaires dans les programmes scolaires, le CICR a soutenu le ministère de l'Éducation marocain dans l'organisation d'un cours de formation destiné aux inspecteurs et enseignants chargés d'enseigner le programme « Explorons le droit humanitaire » (EDH), destiné aux jeunes de 13 à 18 ans. Le CIC R a en outre soutenu à deux reprises des expositions de travaux d'élèves des clubs EDH en Tunisie.

Le Centre de la femme arabe pour la formation et la recherche (CAWTAR), basé à Tunis, a organisé avec le CICR une table ronde et une exposition de photos autour du thème « Femmes et guerre ». Le CICR a également animé une journée consacrée au DIH et destinée à des représentants d'ONG arabes réunis par l'Institut arabe des droits de l'homme (IADH), basé à Tunis.

     

  Soutien aux Sociétés nationales du Croissant-Rouge  

     

Afin que ces Sociétés nationales puissent accroître leur capacité à assumer leurs responsabilités en tant qu'auxiliaires humanitaires des pouvoirs publics, le CICR a apporté son soutien technique à la mise en œuvre d'activités liées au rétablissement du lien familial.

Le CICR a également associé les Sociétés nationales de la région à ses activités de promotion du DIH. Ces Sociétés font toutes partie des commissions nationales chargées d'intégrer le DIH dans les législations nationales.