Nigéria : les États de la CEDEAO examinent la mise en œuvre du droit international humanitaire

09 juin 2015

Abuja (CICR) – Le séminaire de trois jours qui s'ouvre aujourd'hui à Abuja, au Nigéria, va évaluer les progrès accomplis en matière de mise en œuvre du droit international humanitaire (DIH) dans des États membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

Le DIH est un ensemble de règles qui, pour des raisons humanitaires, vise à atténuer les effets des conflits armés. Il protège les personnes qui ne participent pas ou plus aux hostilités et limite les moyens et méthodes de guerre. Les quatre Conventions de Genève de 1949 et leurs trois Protocoles additionnels en sont les principaux instruments. « Il est évidemment capital que tous les États adoptent officiellement les instruments du DIH, indique Karl Anton Mattli, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Nigéria. Pour ce faire, ils ne doivent pas se limiter à ratifier ces instruments ou à y adhérer, ils doivent les incorporer à leur législation nationale et prendre des mesures pour que les règles soient appliquées. »

Cette 12e réunion annuelle d'examen du DIH, organisée conjointement par la Commission de la CEDEAO et le CICR, rassemble des représentants de 15 États d'Afrique de l'Ouest. Les participants vont évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des instruments du DIH ratifiés par leurs pays respectifs et débattre des difficultés rencontrées au cours du processus. Et cette année, ils examineront plus en détail le cadre législatif protégeant le personnel médical et les structures de santé, ainsi que l'application du DIH dans les opérations multilatérales.

« En collaborant avec le CICR, nous offrons aux participants une excellente occasion de discuter des différents moyens employés par leur pays pour mettre en œuvre le DIH, et nous leur proposons des solutions efficaces aux problèmes relevés, explique Fatimata D. Sow, commissaire de la CEDEAO pour les affaires sociales et le genre. C'est à cause de la flambée de violence armée relativement récente en Afrique, notamment en Afrique de l'Ouest, qu'il a été décidé de donner à cette réunion son orientation particulière, en plaidant pour une ratification rapide des instruments du DIH, leur incorporation dans les législations nationales et leur mise en œuvre par les États de la CEDEAO. »

« Face à l'ampleur des crises qui sévissent dans certains pays d'Afrique de l'Ouest et à leurs conséquences de plus en plus graves sur la région, il est urgent de faire en sorte que les règles du DIH soient reconnues et déclarées juridiquement contraignantes dans la législation nationale des États membres », explique M. Mattli. L'objectif du CICR à ces réunions est de renforcer la protection des victimes des crises en facilitant l'adoption de bonnes pratiques par les États membres de la CEDEAO.

Le CICR et la CEDEAO collaborent en Afrique de l'Ouest depuis 2001 pour faire respecter le DIH et la mise en œuvre de ses dispositions.

Informations complémentaires :
Dénes Benczédi, CICR Abuja, tél. : +234 706 418 90 02 ou +234 703 595 41 68