Le dialogue avec les forces de police et les autorités pénitentiaires continue et s'adapte aux nouvelles réalités. Jonathan Busasi/CICR

République démocratique du Congo : le Covid-19, une menace supplémentaire dans la crise humanitaire

Alors que des maladies chroniques telles que le choléra et la rougeole continuent à faire des milliers de victimes en République démocratique du Congo (RDC), le pays doit désormais faire face à la pandémie du Covid-19.

Le CICR adapte son soutien préexistant à un nombre important de structures de santé, de détention et des centres pour enfants en incluant systématiquement du matériel de protection contre le coronavirus.

Depuis le début de la pandémie, le CICR a renforcé le dialogue bilatéral avec les autorités pénitentiaires et judiciaires sur le respect des droits des détenus et les garanties judiciaires. Il demande notamment aux autorités de procéder à la libération des personnes vulnérables, notamment les personnes âgées et malades qui seraient plus à risque face au Covid-19.

Dans 31 commissariats de la ville de Kinshasa, le CICR a aussi distribué 800 livrets et 40 affiches résumant la conduite à adopter lors des opérations et rappeler le comportement des forces de police face à la population en accord avec les règles internationales en matière de droit.

Le CICR maintient sa réponse humanitaire face au Covid-19

« En RDC, nous avons procédé à une vaste réorganisation de nos opérations, en intégrant les contraintes du Covid 19. Cela a permis à nos équipes de rester engagées au plus près des populations et de garder une forte capacité de réponse sur le terrain », explique Rachel Bernhard, cheffe de délégation du CICR à Kinshasa.

Séance de formation du personnel pénitentaire de la prison centrale d'Uvira aux gestes essentiels. Ferdinand Mugisho/CICR
Séance de formation du personnel pénitentaire de la prison centrale d'Uvira aux gestes essentiels. Ferdinand Mugisho/CICR

Les conflits armés ne cessent pas avec l'arrivée du Covid-19. Ni les énormes besoins humanitaires qu'ils génèrent depuis des décennies. Au contraire, l'arrivée de la pandémie aggrave certains besoins et en crée de nouveaux.

Rachel Bernhard, cheffe de délégation du CICR à Kinshasa.

A ce jour, le CICR a fourni à 12 prisons, détenant 23 200 personnes, 79 kits de lavage des mains, des savons et du matériel de nettoyage. Le personnel médical exerçant dans ces prisons a également bénéficié de 43 000 gants, 2 500 masques chirurgicaux, 40 Thermo Flash et des tenues de protection pour la prise en charge des cas suspects.

Le CICR forme le personnel de santé dans huit hôpitaux du pays sur l'isolement des cas suspects. Ces centres de soins ont reçu 405 kg de chlore, plus de 900 savons et 143 kits de lavage de mains. A l'hôpital de Bukavu, par exemple, dans l'Est de la RDC, la capacité a été étendue par l'installation de tentes pour mieux trier les cas suspects de coronavirus.

Des besoins humanitaires toujours énormes

Le manque de ressources, les mauvaises conditions de sécurité dans l'ensemble d'un pays aussi grand que l'Europe de l'Ouest, les conflits et violences armées qui prévalent toujours à l'Est, dans les Provinces de l'Ituri, du Nord et du Sud Kivu, ainsi que dans le Tanganyika en particulier, empêchent les personnes les plus vulnérables, qu'elles soient déplacées ou résidentes, d'accéder aux soins hospitaliers ou la réadaptation physique dont elles ont besoin. Dans ces régions, les besoins humanitaires sont énormes et la situation est difficilement soutenable pour des millions de personnes dont les mécanismes de survie ne cessent de s'affaiblir.

De nombreuses personnes doivent régulièrement fuir les affrontements armés et survivre comme elles peuvent. Didier Revol/CICR
De nombreuses personnes doivent régulièrement fuir les affrontements armés et survivre comme elles peuvent. Didier Revol/CICR

En collaboration avec la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge (FICR) et la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo, le CICR soutient les autorités sanitaires du pays, notamment à travers des campagnes de prévention, de formation des équipes médicales, le soutien des équipes de premiers secours. Des donations de kits de lavage de mains, de savon, de chlore et de pulvérisateurs ont été faites dans 26 points de distribution d'eau dans la ville de Kinshasa.