Éthique visuelle dans le cadre des communications publiques
(Audio version)
Le CICR : une source fiable
Les photographies et vidéos du CICR montrent la réalité des situations vécues par des personnes prises au piège des conflits et de la violence, et le travail de l’institution pour alléger leurs souffrances. Les images illustrent parfois les difficultés auxquelles ces personnes sont confrontées – mais également la résilience dont elles font preuve et la façon dont elles font face à ces situations. Les communications du CICR doivent être « honnêtes, exactes et respectueuses » tout en préservant « la dignité des communautés touchées par un conflit armé ou d’autres situations de violence ».
Le contenu publié devrait refléter certains des aspects suivants du travail du CICR :
- La vie réelle des personnes prises au piège des conflits et de la violence
- Le CICR proche des personnes et ce qu’il fait pour les aider
- Le CICR et ses partenaires du Mouvement international de la Croix‑Rouge et du Croissant‑Rouge
Fatimé n’avait jamais auparavant quitté la ville d’Al Geneina, au Soudan. Son neveu a été blessé et ils ont fui, marchant pendant des jours jusqu’à la frontière avec le Tchad. « Mon neveu a reçu une balle en plein visage. Ils l’ont laissé pour mort et sont partis. C’est comme ça qu’il a survécu. Je l’ai pris avec moi et nous avons marché pendant deux jours avant d’atteindre Adré. Grâce à vous, il va pouvoir recevoir les soins dont il a besoin », dit Fatimé. Hôpital d’Adré, Tchad, 12 juillet 2023
Dignité et vulnérabilité
Étant donné la nature des activités du CICR dans le cadre des conflits armés et d’autres situations de violence, les personnes et les communautés avec lesquelles il travaille sont souvent vulnérables. Elles sont parfois blessées, fuient la violence ou sont en quête de nourriture et d’un abri. Il est important de documenter ces aspects afin de montrer les conditions de vie de ces personnes et d’expliquer pourquoi l’aide humanitaire est nécessaire. Cependant, photographier ou filmer des personnes vulnérables demande une attention particulière. Afin de respecter la dignité humaine et de ne pas mettre les gens en danger, le CICR s’attache à :
- éviter d’associer vulnérabilité et impuissance, et mettre plutôt en lumière la résilience, le courage et la responsabilisation des personnes, malgré la situation difficile dans laquelle elles se trouvent ;
- éviter de considérer ces personnes comme des objets et se concentrer plutôt sur leur humanité, leurs émotions, leurs préférences et leurs aspirations. Les représenter dans leur globalité, sans s’attacher uniquement à ce qui les rend vulnérables, aide les lecteurs à se sentir davantage concernés par leur expérience ;
- éviter de montrer des personnes dans des situations humiliantes ou dégradantes. La dignité n’est pas toujours représentée de la même manière selon les cultures et le contexte mais le caractère dégradant d’une situation peut en général être évité en demandant à la personne concernée son consentement
Pour vous aider à prendre les bonnes décisions lorsque vous recueillez du contenu, vous pouvez vous poser les questions suivantes :
- est-ce que je connais suffisamment la situation de la personne que j’ai photographiée/filmée (qui, quoi, où, comment et pourquoi) et ai-je obtenu son consentement éclairé ? Sans ce consentement, le contenu ne sera sans doute pas utilisable
- s’il s’agissait de ma famille, de mes amis ou de mes proches, est-ce que la façon dont ils sont représentés me conviendrait ?
- s’il s’agissait de mon enfant, quelle serait ma réaction en voyant cette photo ou vidéo ?
Umar Sanda cherche son fils Grema depuis sept ans. Ils ont fui leur village pendant une attaque et ont été séparés. M. Sanda refuse de croire que son fils est peut-être mort. Le CICR travaille avec la Croix-Rouge du Nigéria afin d’élucider le sort de proches disparus et, dans le meilleur des cas, réunir les familles. Pour faire face à cette situation, M. Sanda prie, s’occupe en vendant des noix de kola et s’entoure d’amis. Nord-est du Nigéria, 2020.
Stéréotypes
Les stéréotypes sont des représentations généralisées de groupes de personnes qui réduisent la complexité des êtres humains à une seule idée. Les stéréotypes peuvent être nuisibles, voire dangereux, et avoir de réelles conséquences, en particulier lorsqu’ils véhiculent des idées négatives sur des personnes marginalisées.
Nous avons tous en tête des stéréotypes, intégrés parfois inconsciemment, qui peuvent ressurgir lorsque nous sommes en train de réaliser ou de sélectionner des photos ou des vidéos. Il est pourtant de notre responsabilité de ne pas les perpétuer. Assurez-vous que des collègues locaux ou des membres de la communauté concernée participent à la création de contenu, et posez‑vous les questions suivantes :
- qui (ou quels groupes) sommes-nous en train de montrer ?
- quelles sont les relations de pouvoir entre ces groupes ? Ces dynamiques sont-elles exposées de façon intentionnelle ?
- certaines personnes sont-elles montrées de façon stéréotypée ?
- la communauté apporte-t-elle son aide ou la reçoit-elle uniquement ? Les membres de la communauté s’expriment-ils ou écoutent-ils seulement ?
- outre le fait de mettre en évidence la situation de la personne concernée (qui, quoi, où, pourquoi), celle‑ci est-elle représentée dans sa globalité (ses espoirs, la résilience dont elle fait preuve et sa détermination) ?
Si vos photos ou vidéos sont destinées à un public international, gardez à l’esprit que les images suivantes sont surreprésentées dans les communications des organismes humanitaires :
- la pauvreté dans certains pays, en particulier sur le continent africain ;
- des femmes et des personnes en situation de handicap dans des rôles passifs ;
- des enfants portant des vêtements dégradants ;
- des travailleurs blancs, d’origine occidentale, fournissant une aide à des locaux qui la reçoivent passivement (ou qui apparaissent en arrière-plan)
Shamsullah a 14 ans. Il a perdu ses deux jambes en 2015 dans l’explosion d’une mine terrestre. L’hôpital des urgences l’a orienté vers le centre de réadaptation physique du CICR. Il peut désormais marcher avec des prothèses et a deux cannes. Shamsullah étudie beaucoup. Le matin, il suit des cours dans une école privée et l’après-midi, dans une école publique. Lashkar Gah (province d’Helmand), Afghanistan, 15 novembre 2018.
Authenticité
Étant donné la nature de son travail dans des zones de conflit, le CICR est souvent amené à photographier et filmer des situations que les médias traitent parfois de façon sensationnaliste. Pour garantir l’intégrité des contenus, ceux‑ci doivent être aussi authentiques que possible et rester fidèles à la réalité vécue par les personnes concernées – ils doivent être recueillis de façon « honnête, exacte et respectueuse ». Idéalement, les personnes devraient être photographiées ou filmées dans leur environnement réel, sans aucune mise en scène (p.ex., pour reconstituer des événements dramatiques ou qui ont bouleversé leur existence). Surtout, les contenus obtenus ne devraient jamais nuire à la personne représentée ou lui causer un stress supplémentaire.
Une politique générale sera prochainement adoptée à ce sujet. En attendant, veuillez garder à l’esprit que le CICR est une source fiable d’information. Tout contenu généré par l’intelligence artificielle doit donc être clairement indiqué comme tel afin de ne pas le confondre avec la réalité. Il en va de même pour l’utilisation d’un fond vert. Rien ne doit être utilisé de façon à semer la confusion sur ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, ou à montrer quelqu’un dans un lieu où il n’y est pas.
Images choquantes
Une certaine prudence doit être observée lorsqu’il s’agit de publier des images susceptibles de heurter la sensibilité du public (telles que des brûlures ou des mutilations), des images représentant des actes de violence ou des informations médicales personnelles sur les plateformes numériques. Il convient donc de tenir compte non seulement de la vulnérabilité et de la dignité des personnes concernées (comme indiqué plus haut) mais également du caractère sensible des informations dévoilées. C’est particulièrement le cas pour les images révélant des données sur la santé d’une personne. Ces données sont, par définition, des informations sensibles et doivent donc faire l’objet d’une attention particulière lors de leur traitement.
En cas de doute, discutez‑en avec un collègue chargé de la protection afin de déterminer si la publication de l’image ou la diffusion de la vidéo en question présente un risque pour la personne concernée ou la rend davantage vulnérable.
la Croix Rouge mexicaine dispense des soins médicaux à un migrant qui a été blessé en essayant de monter dans un train en marche. La Croix-Rouge remet aux migrants des brochures indiquant les endroits où se trouvent des bornes d’appels gratuites, des centres de soins médicaux et des abris le long de la route migratoire. Ciudad Serdán (État de Puebla), 27 septembre 2016.
Consentement éclairé
En demandant le consentement de la personne dont vous prenez en photo ou que vous filmez, vous montrez que vous souhaitez établir une relation de confiance avec elle et que vous la respectez. Le climat de confiance ainsi instauré peut avoir un effet bénéfique non seulement sur votre travail avec la personne concernée, mais également sur la façon dont la communauté perçoit le CICR. Ainsi, chaque fois que possible, il convient d’essayer d’obtenir le consentement écrit de la personne avant de la photographier ou de la filmer. Dans les rares cas où cela n’est pas possible, et dans la mesure ou la situation n’est pas dégradante pour la personne concernée, le consentement peut être demandé après. Assurez-vous toujours que la délégation dispose de formulaires de consentement dans la langue requise afin de prendre plusieurs exemplaires avec vous lorsque vous prévoyez de recueillir des données visuelles.
Il convient toutefois de noter que, même lorsqu’un consentement valable a été obtenu, le CICR est tenu de prendre en considération toutes les conséquences possibles liées à l’identification des personnes concernées. Dans ce contexte, par « identification » on entend « fournir des données personnelles, à savoir, rendre les visages identifiables sur des photographies ou dans des vidéos, citer le nom des personnes, y compris dans des enregistrements audio ou radiophoniques, ou fournir tout autre renseignement permettant de les identifier (nom des parents ou des frères et sœurs, adresse de leur domicile ou éléments liés à leur histoire personnelle, vêtement, etc.) ». Le processus visant à obtenir le consentement de la personne concernée est tout aussi important que la collecte de données en elle‑même. Il faut s’assurer de la qualité du consentement, notamment vérifier qu’il n’a pas été obtenu sous la contrainte. Le consentement doit être éclairé, explicite, sans équivoque et librement donné. Il requiert qu’un échange approfondi ait lieu avec la personne concernée, et consiste à écouter et poser des questions. Pour obtenir un consentement pleinement éclairé, il faut aussi prendre le temps de discuter de tous les risques envisageables. Bien que cette approche éthique demande du temps, elle permet également aux participants de s’exprimer davantage plutôt que de répondre par « oui » ou par « non ».
Lorsque vous collectez du contenu, les formulaires de consentement vont vous aider à communiquer clairement avec la personne (ou ses représentants légaux ou des membres de sa famille) en des termes simples permettant d’expliquer :
- qui vous êtes et pourquoi vous êtes ici ;
- où les photos ou les vidéos seront sans doute être publiées, en montrant des exemples ;
- que le contenu sera conservé dans nos archives.
Les personnes concernées doivent également être informées de leurs droits en matière de protection des données (information, accès, rectification et opposition), et obtenir les coordonnées d’un membre du personnel du CICR et de l’équipe de protection des données afin de pouvoir les contacter si elles ont une question ou souhaitent retirer leur consentement. Il est important de préciser qu’une fois qu’un produit de communication est publié, le CICR n’en a plus le plein contrôle car il ne peut pas agir sur l’utilisation qui en est faite par des tiers. La protection des données personnelles est un aspect essentiel de la protection de la vie et de l’intégrité physique et mentale des personnes. Aussi convient-il de se référer et se conformer aux normes définies dans les Règles du CICR en matière de protection des données personnelles.
Lorsque vous souhaitez photographier ou filmer une personne, vous devez lui donner à plusieurs reprises la possibilité de refuser ou d’exprimer ses préoccupations à cet égard. Il peut s’agir par exemple de consulter la liste de contrôle figurant au début du formulaire de consentement et de poser à la personne les questions suivantes :
- y a-t-il quelqu’un que vous ne souhaitez pas voir apparaître sur cette photo/vidéo ?
- préféreriez-vous que je ne vous photographie/filme pas, ou que je ne photographie/filme pas votre enfant ?
- souhaitez-vous continuer à être filmé·e ?
Vous devez clairement indiquer à la personne qu’un refus de sa part n’aura pas de répercussions sur sa capacité – et celle de sa communauté – à bénéficier des services du CICR.
Si la personne concernée va être photographiée ou filmée d’une manière qui ne révèlera pas son identité (en particulier si elle appartient à l’une des catégories de personnes vulnérables énumérées dans la section suivante), vous devriez également l’en informer pour la rassurer. Par exemple, montrez-lui les images après les avoir prises et discutez-en avec elle afin de s’assurer que la façon dont elle est présentée lui convient.
Les formulaires de consentement et les listes de contrôle et les explications qui les accompagnent peuvent être consultés ici :
Le consentement éclairé des personnes concernées est presque toujours requis, sauf s’il s’agit de personnalités publiques dans le cadre d’événements publics, de personnes dont le visage n’apparaît pas clairement ou qui n’occupent pas une place importante, ou des individus se trouvant dans la foule.
Veuillez vous assurer que ces formulaires sont traduits dans les langues souhaitées et partagez-les avec vos collègues chargés de la communication et les travailleurs indépendants concernés. Veillez à ce qu’ils aient lu ces documents et compris la notion de consentement éclairé.
IMPORTANT : laissez une copie signée du formulaire de consentement à la personne que vous avez filmée/photographiée à titre de référence. Un second formulaire (ou une vidéo si la version écrite n’est pas possible) doit être enregistré avec le contenu à des fins de diffusion et d’archivage.
Consentement de certains groupes de personnes vulnérables
A. Pas de consentement requis :
- de la part de personnalités publiques (responsables, célébrités) dans le cadre d’événements publics ;
- de la part de personnes se trouvant dans un lieu public, à condition que leur visage n’apparaisse pas clairement ou qu’elles n’occupent pas une place importante sur l’image ;
- de la part d’individus se trouvant dans une foule ;
B. Consentement requis (écrit ou filmé) :
- personnes identifiables se trouvant dans un lieu public ;
- patients dans une clinique ou un hôpital ;
Sous certaines conditions, et en consultation avec un collègue du CICR chargé de la protection ou de la détention, il est possible de filmer/photographier les personnes suivantes :
- patients dans une clinique ou un hôpital ;
- blessés et malades : tenir compte de leur dignité et vérifier s’ils peuvent donner leur consentement éclairé ;
- porteurs d’armes (membres de groupes armés/soldats) ;
- migrants et réfugiés ;
- enfants: tenez compte de leur dignité et vérifier si leur représentant peut donneur son consentement éclairé ;
- détenus (autres que prisonniers de guerre) : décider au cas par cas avec l’aide d’un collègue du CICR chargé de la protection ou de la détention. Sans consentement, l’identité d’un détenu doit être protégée (visage flouté, vidéo prise sous un certain angle).
C. En raison de leur vulnérabilité, les personnes suivantes ne doivent jamais être identifiables sur les images collectées :
- auteurs présumés de violence sexuelle, quels que soient leur âge et leur sexe ;
- personnes qui ont demandé au CICR de ne pas être identifiables dans ses produits de communication ou qui ont retiré leur consentement ;
- prisonniers de guerre ;
- certains enfants, notamment les enfants victimes/survivants de violence sexuelle et les enfants nés à la suite de violence sexuelle ;
- otages, car ils peuvent souffrir de traumatisme. Il faut donc envisager de protéger leur identité (flouter le visage, filmer selon un certain angle) et d’en discuter avec votre collègue chargé de la protection ou de la détention.
Aucune photo ni vidéo ne doit être prise des personnes suivantes :
- enfants associés à des forces armées ou groupes armés qui portent des armes ou ont une attitude menaçante ;
- personnes en possession de munitions non explosées.
Personnes décédées
Il convient d’éviter de montrer des restes humains sur des photos ou dans des vidéos, sauf à des fins de documentation de cas médico-légaux ou de formation interne. S’agissant des publications externes, veuillez, si possible, consulter un collègue de l’équipe forensique et communiquer sur les activités médico-légales au moyen d’images qui ne montrent pas de restes humains (p.ex., du matériel visuel sur les formations ou les activités de rapatriement).
Marcelino a perdu quatre membres de sa famille – sa mère et trois frères et sœurs plus jeunes – dans les années 1980, au cours du conflit armé qui a eu lieu au Pérou. Plus de 30 ans se sont écoulés avant que leurs dépouilles ne soient découvertes, identifiées et rendues à la famille. Les quatre cercueils ont été transportés à travers les montagnes à dos d’âne et de cheval jusqu’au village d’origine de la famille, où les dépouilles ont été inhumées dans la dignité. 4 décembre 2016.
Violence sexuelle et sexiste
La violence sexuelle et sexiste étant un sujet extrêmement sensible, il faut prêter une attention particulière au choix des images et à la façon de communiquer sur ce thème. Les conséquences personnelles et juridiques de cette violence, ainsi que son impact sur la communauté sont tels qu’il est particulièrement important de sensibiliser les gens à ce problème et aux dommages qu’il cause.
Cependant, comme tout sujet complexe, il est essentiel de communiquer sans porter préjudice aux personnes victimes/survivantes. La sécurité et l’intérêt supérieur de ces personnes doit toujours primer. Consultez un collègue du CICR chargé de la protection avant de collecter des informations et des données à ce sujet. Les questions posées pendant l’entretien doivent être respectueuses et exemptes de jugement, tout en tenant compte des particularités culturelles de chacun. Les personnes victimes/survivantes demandent parfois de faire une pause ou d’interrompre l’entretien. Il peut également arriver que l’entretien fasse involontairement naître en elles un sentiment d’anxiété, de panique ou de détresse et qu’elles aient besoin d’un appui urgent en matière de santé mentale.
Les enfants victimes de violence sexuelle, les enfants nés à la suite de violence sexuelle et les auteurs présumés de violence sexuelle ou d’exploitation sexuelle ne doivent jamais pouvoir être identifiés dans les produits de communication du CICR.
Un des principes clés du CICR est de ne jamais recueillir de témoignage de personnes victimes/survivantes sans leur proposer des mécanismes de prise en charge, par exemple des informations sur les services spécialisés à leur disposition (soins médicaux, aide juridique, soutien économique ou appui en matière de protection). Vous devriez toujours avoir à portée de main la liste de la délégation répertoriant les services spécialisés à l’intention des personnes victimes/survivantes de violence sexuelle afin de partager ces informations avant et après l’entretien de façon claire et simple. Enfin, dans la mesure du possible, les différents moyens médiatiques du CICR devraient mentionner les services disponibles, les permanences téléphoniques et les autres moyens d’obtenir de l’aide (comme la page web dédiée aux personnes victimes/survivantes de violence sexuelle). Le personnel du CICR chargé de la communication devrait inclure ce message lorsqu’il propose des contenus en lien avec la violence sexuelle.
N’oubliez pas :
- En votre qualité de photographe ou de vidéaste, gardez à l’esprit que l’éclairage, l’angle, la distance, le choix de l’objectif, le cadrage et l’arrière‑plan peuvent modifier la manière dont les personnes sont montrées.
- Si une personne indique qu’elle ne souhaite pas être photographiée ou filmée (p. ex., en s’éloignant de l’objectif ou en levant la main pour vous bloquer la vue), vous devez respecter ce choix.
Post-production
En tant que source fiable, les communications du CICR doivent être « honnêtes, exactes et respectueuses ». Il est donc essentiel de réunir des informations sur le contenu (qui, quoi, quand, où pourquoi) et de les partager. Lorsqu’il s’agit de publier le témoignage d’une personne, il vaut mieux disposer du plus grand nombre d’informations possible. Toutes ces données doivent être soigneusement intégrées dans Mediahub au même titre que le formulaire de consentement, en précisant si ce contenu est approuvé pour être communiqué au public et archivé.
La façon dont le contenu est post-produit – recadré, scénarisé et édité avec d’autres photos/vidéos – peut fortement influencer la manière dont un individu est décrit et comment il sera perçu par l’audience. En tant que source fiable, le CICR doit, dans le cadre de son travail de post-production :
- donner une représentation exacte et complète des personnes ou des groupes de personnes ;
- ne pas manipuler les éléments constitutifs d’une image ;
- respecter toutes les restrictions d’édition sur les vidéos/photographies ;
- éviter d’insérer du texte sur des visages ;
- modifier, le cas échéant, les noms des enfants afin d’ajouter un niveau supplémentaire de protection.