Page archivée: peut contenir des informations obsolètes

Indonésie : bulletin n° 7 - 26 mai 2005

26-05-2005 Communiqué de presse

Activités du CICR dans la province d’Aceh

  Situation générale  

Le tsunami provoqué par le séisme sous-marin du 26 décembre 2004 a fait un nombre considérable de victimes sur les côtes de Sumatra : à ce jour, selon les chiffres fournis par le gouvernement, les corps de 126 915 personnes ont été récupérés et enterrés dans 15 districts de la province d’Aceh, et 37 063 personnes sont toujours portées disparues (ce chiffre a été revu à la baisse après qu’on a recensé dernièrement les personnes déplacées). En outre 514 150 sans-abri se trouvent répartis sur 21 districts de la province ; la majorité d’entre eux (480 261) ont été accueillis par des familles, tandis que les autres ont trouvé refuge dans des camps provisoires.

Les travaux de reconstruction continuent sur la route principale qui relie les campements installés le long de la côte ouest, où plus de 50 ponts sont à rebâtir. La plupart des endroits sont aujourd’hui presque entièrement déblayés. L'électricité a été rétablie, mais l'accès à l'eau potable reste un problème. La situation d'urgence a officiellement pris fin le 26 mars, et le gouvernement ainsi que les organisations humanitaires concentrent actuellement leurs efforts sur la coordination, la planification et la mise en œuvre de la phase initiale du processus de reconstruction. Le 18 mai, le gouvernement a annoncé la levée de l’état d’urgence civile, décrété en mai 2004.

Depuis décembre, l'île a été régulièrement frappée par des répliques du séisme, mais le 28 mars, un second tremblement de terre de forte amplitude s'est produit : d'une magnitude de 8,7 sur l'échelle de Richter, ce séisme, dont l’épicentre étai t situé à proximité de l’île de Nias, a fait d'autres victimes et causé des déplacements, des stress traumatiques et des dégâts structurels sur l'île ainsi que dans les districts d'Aceh Singkil, de Simeulue et d'Aceh Selatan. Le CICR et la Croix-Rouge indonésienne (Palang Merah Indonesia PMI) ont fourni tous deux des secours non alimentaires à la population de Singkil, sur la côte.

Toutes les composantes du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge – la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, les Sociétés nationales et le CICR – continuent à soutenir les efforts déployés par la PMI pour venir en aide aux victimes des deux séismes.

  Vue d’ensemble des principales activités menées par le CICR dans la région  

Bien que la phase d’urgence de son opération humanitaire en faveur des victimes du tsunami touche à sa fin, le CICR continue à coopérer avec la PMI pour :

  • assainir les puits des villages pour garantir un accès sûr à l’eau potable aux anciens habitants revenus s’y installer ;

  • fournir des soins de santé et approvisionner en matériel les structures médicales existantes ;

  • rétablir les liens familiaux et réunir des enfants non accompagnés avec leur famille.

Le CICR a repris les activités relatives au conflit armé qu’il conduisait avant le tsunami : visites aux détenus conformément aux critères habituels de l’institution, courtes séances d'information sur le Mouvement et les principes essentiels du droit international humanitaire, destinées aux membres des forces armées indonésiennes arrivant dans la province, avant leur déploiement sur le terrain. Pour ce qu i est de l’action de secours engagée après le tsunami, le CICR s’emploie maintenant, avant tout, à soutenir les mécanismes de coordination mis en place au sein du Mouvement international pour assurer l’assistance humanitaire.

  Depuis le 26 décembre 2004, le CICR a :  

  • mis sur pied un hôpital de campagne entièrement opérationnel (les équipements et le personnel de départ étaient fournis par la Croix-Rouge de Norvège), qui a réalisé 700 opérations chirurgicales et prodigué des soins ambulatoires à plus de 10 000 patients (l’hôpital a cessé ses activités le 10 mai 2005) ;

  •  fourni des secours à environ 290 000 bénéficiaires (articles non alimentaires comprenant ustensiles de ménage, tentes, articles d'hygiène, sous-vêtements, nécessaires pour nourrissons, et matériel communautaire de nettoyage et de reconstruction) ; des distributions à court terme de vivres ont également été effectuées auprès de plus de 36 000 bénéficiaires, en attendant que d'autres organismes humanitaires puissent établir leurs lignes d'approvisionnement) ;

  •  assaini 545 puits de village, afin que la population ait accès à de l'eau potable, une des conditions premières au retour des personnes déplacées ;

  •  permis aux membres de 3 400 familles dispersées par le tsunami de reprendre contact, et réuni 34 enfants non accompagnés avec des parents proches ;

  •  organisé huit séances d'informations générales sur la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge et les règles fondamentales de droit international humanitaire, à l’intention de 5 000 membres des forces armées indonésiennes récemment arrivées à Aceh ;

  •  fourni des articles d'hygiène et d'autres produits de première nécessité à des détenus, et leur a permis de rétablir le contact avec leur famille, dont ils étaient sans nouvelles depuis le tsunami.

  Autres faits et chiffres  

  Coopération avec la Croix-Rouge indonésienne et autres membres du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge  

Dans les jours qui ont suivi le tsunami, le CICR a apporté un soutien matériel, logistique et financier aux activités de la PMI. Dans un premier temps, la Société nationale s'est attachée à évacuer les morts et à distribuer des secours. D'autres composantes du Mouvement ont également été opérationnelles dans la province d'Aceh, depuis le tsunami, et notamment la Fédération internationale et de nombreuses Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

À ce jour, plus de 90 projets destinés à soutenir les efforts de relèvement et de reconstruction déployés par la PMI ont été approuvés dans le cadre d’un système établi pour la coordination au sein du Mouvement ( Movement Coordination Framework ). Quelque 25 Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, de même que la Fédération internationale, le CICR et la PMI ont contribué à la mise en œuvre de programmes destinés, notamment, à remettre sur pied le service ambulancier de la PMI, mettre en place des activités de soutien psychologique, rétablir l'approvisionnement en eau, reconstruire les habitations, les écoles et les centres de santé, ainsi que restaurer l'infrastructure de la PMI et renforcer ses capacités d'intervention d'urgence.

La PMI, la Fédération internationale et le CICR ont signé, au nom de tout le Mouvement, un accord avec l’organisme d’exécution du gouvernement récemment créé pour la reconstruction et le relèvement d’Aceh et de Nias. Cet accord réitérait l’engagement pris par le Mouvement de fournir à la population d’Aceh une aide à hau teur de 600 millions de dollars US dans divers secteurs et était perçu comme une phase décisive, qui conférait au Mouvement un rôle prépondérant dans le processus de reconstruction et de relèvement.

  Rétablissement des liens familiaux  

Depuis le 6 janvier de cette année, le CICR et la Croix-Rouge indonésienne ont contribué au rétablissement des liens familiaux dans 3 400 cas, principalement au moyen de téléphones satellitaires. Leurs équipes ont travaillé dans tous les districts de la province d'Aceh touchés par la catastrophe. Ils ont enregistré les noms de près de 19 000 survivants sur les listes « I am alive » (je suis vivant) et ceux de près de 26 000 personnes portées disparues sur les listes « I am looking for » (je recherche). Ces deux types de listes ont été imprimés dans des fascicules et sur des affiches qui ont été distribués à travers le réseau CICR et Croix-Rouge indonésienne, et publiés dans trois journaux. Cette formule a permis à la population de parcourir rapidement les noms de proches disparus. Aujourd'hui, près de cinq mois après la catastrophe, l'utilisation de ces listes sera progressivement remplacée, dans la mesure du possible, par l'échange de messages Croix-Rouge.

Les équipes de recherches ont enregistré 46 enfants non accompagnés sur l'ensemble de la province et en ont réuni 34 avec leurs parents ou d'autres membres de la famille proche.

  Protection  

     

Après le tsunami, des visites ont eu lieu dans 13 lieux de détention relevant du ministère de la Justice et des Droits de l'homme, ainsi que de la police nationale, pour évaluer les bes oins en matière de soins de santé et d’assainissement. Une assistance ad hoc y a ensuite été fournie, comprenant du matériel de base pour s’abriter (bâches goudronnées, linoléum et nattes), des sous-vêtements, des articles d’hygiène et du matériel récréatif (ballons de volley et filets).

Des visites de suivi dans neuf lieux de détention ont été effectuées, conformément aux critères habituels du CICR.

  Promotion du droit international humanitaire  

Huit séances d’information ont été organisées à l’intention de près de 5 000 militaires indonésiens récemment arrivés dans la province, avant leur déploiement sur le terrain. On leur a rappelé les règles essentielles du droit humanitaire et on les a informés sur les méthodes de travail et les activités du CICR et de la Société nationale.

  Aide d'urgence et sécurité économique  

Le CICR a effectué des distributions directes d’ustensiles de ménage de première nécessité, de sous-vêtements et d’articles d’hygiène à 56 562 familles déplacées sur tout le territoire de la province. Il a également fourni des tentes pour 2 400 familles.

Une assistance alimentaire à court terme (riz, huile, pâtes, sardines, sucre, sel, lait et biscuits) a été distribuée à 36 383 bénéficiaires, et 18 202 familles ont reçu des assortiments communautaires de matériel de nettoyage afin qu'elles puissent déblayer leur village. En outre, 10 000 familles dispersées tout le long de la côte est ont reçu des lots de matériaux de construction pour commencer à rebâtir leurs habitations.

  Services de santé  

     

Les centr es de santé et hôpitaux des districts de Bireuen, Aceh Utara et Aceh Timur (côte nord) ont bénéficié de distributions régulières de fournitures médicales indispensables, telles qu’antibiotiques, matériel de pansement et équipements médicaux.

L'hôpital de campagne spécialisé ouvert à la mi-janvier à Banda Aceh, et soutenu par le CICR et la Société nationale, a fermé le 10 mai, c’est-à-dire deux semaines plus tôt que prévu, et ce, à cause des dommages subis en raison de violentes tempêtes qui se sont abattues sur la région. Mis à disposition par la Croix-Rouge norvégienne, l’hôpital – composé de tentes et d’une capacité de 100 lits – a offert à l’ensemble de la population, le temps qu’il a été opérationnel, des services médicaux, chirurgicaux, pédiatriques, gynécologiques et de rééducation physique. Au moins 32 patients ont été évacués en urgence depuis la côte vers cet hôpital. Sur les 878 patients admis, 706 ont subi une intervention chirurgicale. En outre, plus de 1 000 radiographies ont été réalisées et plus de 10 000 consultations ambulatoires données. Quant au taux d’occupation, il s’est maintenu en permanence à 50%.

  Eau et assainissement  

Dans le district d’Aceh Besar, 326 puits ont été assainis et 130 tonnes de sulfate d’aluminium et trois tonnes de chlore ont été acheminées vers Banda Aceh. Le CICR a également fourni de l’eau potable à deux centres d’accueil temporaire ; actuellement, il transporte par camion jusqu’à 100 000 litres d’eau par jour, en faveur d’environ 2 000 bénéficiaires. Le système d’évacuation des eaux a été amélioré dans un des centres et des travaux similaires sont envisagés pour un autre centre. Des travaux de réhabilitation de latrines ont été entrepris à la mi-mai ; cinq latrines ont ainsi été remises en état dans le village de Lam Puuk.

Dans le nord de la province d’Aceh, 219 puits ont été assainis, trois nouveaux puits creusés et une latrine construite. Un puits artésien a été réhabilité au bénéfice de 125 familles et les installations d'approvisionnement en eau et d'assainissement d’un orphelinat ont été réparées. En outre, depuis le mois de février, 175 000 litres d’eau potable ont été transportées par camion, chaque semaine, pour satisfaire la consommation communautaire. Enfin, 20 tonnes de sulfate d’aluminium ont récemment été commandées à l’intention des services des eaux de Lhokseumawe, à qui une cargaison similaire a déjà été livrée, en plus d’une tonne de chlore.

  Informations complémentaires :  

  Rafiullah Qureshi, CICR Aceh, tél. : +62 811 138 375 ou CICR Jakarta, tél. : +62 21 739 67 56  

  Vincent Lusser, CICR Genève, tél. : +41 22 730 24 26 ou +41 79 217 32 64